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Le blog de Robin Guilloux

Ce blog a pour ambition de faire connaître et apprécier la région Centre et en particulier la ville de Bourges. Je souhaite y faire partager mes goûts pour la poésie, la littérature, la peinture, le cinéma... J'y aborde également des questions qui me tiennent à cœur, souvent liées à l'actualité, en particulier le système scolaire (je suis enseignant), mais aussi la politique au sens large du terme et les problèmes de société.

Un exemple de "résumé-discussion" (classe de 2nde)

Publié le 23 Mai 2010 par Robin Guilloux

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Je ne sais si le "résumé-discussion" est encore en vigueur ; en tout état de cause, c'est certainement l'un des exercices les plus fructueux que l'on puisse faire.

 

Résumer un texte, notamment un texte argumentatif n'est pas un exercice artificiel, c'est un exercice de compréhension.

 

Résumer permet de distinguer l'essentiel de l'accessoire, la thèse des arguments, les arguments des exemples.

 

S'efforcer de définir précisément un terme, un syntagme ou une expression, c'est aller au-delà d'une appréhension "intuitive" du sens, souvent tautologique ("un scandale théorique, c'est un scandale théorique").

 

Commenter et discuter un texte, c'est chercher à comprendre la thèse de l'auteur, son intérêt, son enjeu et la validité des arguments qu'il emploie pour la défendre.

 

Le résumé-discussion, que ce soit en classe de Seconde ou de Première constitue une excellente "propédeutique" à la dissertation et au commentaire d'un texte philosophique en classe Terminale.

 

Sujet  (donné en 1989-90 en classe de seconde) :


1) Résumer le texte ci-dessous en 200 mots (10% en plus ou en moins)

(8 points)

 

2) Expliquer :


"un scandale théorique découlant d'une analyse académique" (l.9)


"besoins prématurés" (l. 45)  (2 points)

 

3) Commentez et discuter cette affirmation : "Le tourisme est une rencontre manquée." (10 points)

 

Texte :

 

"Le tourisme, une rencontre manquée ?" ("Courrier de l'UNESCO", février 1981) par M. Boudhiba, professeur de sociologie à l'université de Tunis.

 

 

"Avec le tourisme, les tendances fondamentales de la société de consommation sont en train de pénétrer notre société. Les touristes sont des Occidentaux en vacances, venus vivre une semaine de loisirs pour oublier les fatigues et les soucis de l'année. Le touriste est un travailleur en liberté. Ayant trimé tout le long de l'année, il change de cadre, de régime, de système et de genre de vie. Ce faisant, il introduit un comportement de société de gaspillage au sein d'une société en pénurie. Ce choc des sociétés riches sur les sociétés pauvres n'est plus ici un scandale théorique, découlant d'une analyse académique. Il est une réalité quotidienne. Le moindre petit objet que possède le touriste représente une fortune ou un rêve pour beaucoup de ceux qui sont appelés à le servir et à le côtoyer : qu'il s'agisse d'un ballon de plage, d'un drap de bain, d'un bâton de rouge à lèvres ou d'une paire de lunettes. Il y a, à bien réfléchir, quelque chose de diabolique dans cette tentation permanente et dans cette invite à goûter aux charmes indiscrets, mais encore interdits, de la société de consommation.

 

Ainsi, dans une enquête sur la délinquance juvénile, il nous est apparu impossible de ne pas retenir le tourisme et la tentation perpétuelle qu'il représente comme un facteur notable de l'inconduite de nos jeunes délinquants. Nous avions alors souligné que la délinquance juvénile ne ressortait nullement de la nécessité de satisfaire des besoins élémentaires et immédiats, mais plutôt des besoins secondaires nés de l'accession à une autre mentalité, à de nouveaux types de comportement, à une nouvelle vision du monde.

 

Autre aspect, le rôle du tourisme dans l'évolution des moeurs est indéniable. Le touriste vient pour s'amuser, il lui faut des "boîtes de nuit", des "dancings", des "night-clubs". Et pour créer animation et "ambiance", le public local est toujours le bienvenu. Les censeurs ne manquent d'ailleurs pas pour vitupérer ces lieux de "dépravation et de débauche". On aurait tort cependant d'imputer au seul tourisme une tendance qui nous semble beaucoup plus générale.

 

Si l'impact du tourisme sur les valeurs et attitudes traditionnelles est réel, il faut se garder de le rendre responsable de tout ce qui ne va pas. Le facteur touristique précipite l'évolution de la société et sa modernisation. Il va dans le même sens que le courant historique qui entraîne l'ensemble de la société. C'est un catalyseur plus qu'autre chose. Le problème est surtout de savoir si le tourisme, en accélérant le rythme d'une évolution à notre sens inéluctable, ne contribue pas à emballer une machine soumise déjà à des mouvements contradictoires. La création de nouveaux besoins est inscrite dans le processus même du développement. L'idéal serait que de nouveaux besoins n'apparaissent pas avant que la société ait dégagé les moyens d'y faire face. En tant qu'industrie, le tourisme est appelé à créer ces moyens, en tant que phénomène social, il a tendance à réduire l'impact des moyens ainsi crées en suscitant l'apparition de besoins prématurés. Le problème demeure de savoir si le tourisme, qui est un système de production orienté vers la satisfaction de la consommation des autres, peut se développer dans un climat d'austérité, économique ou moral.

 

Sur un autre plan, on peut dire que le tourisme est une rencontre manquée. Le tourisme est un moyen d'accès à l'autre. Il est l'occasion d'un dialogue pacifique et amical qui n'a pas toujours eu lieu dans le passé. Aussi l'éducation du public, et plus particulièrement des milieux en contact direct avec les hôtes, vise-t-elle à élever à un degré aussi haut que possible le sens de l'accueil, de la courtoisie, de la serviabilité, mais aussi de la fermeté, de la dignité et d'une certaine fierté nationale.

 

Aussi voudrions-nous que le tourisme soit rencontre et non pas promenade. La rencontre fonde une dialectique de la révélation. Chacun, le touriste qui vient en hôte dans mon pays tout comme moi-même, s'exprime dans sa propre culture. Et il faut qu'il en soit ainsi ; car c'est le choc de la rencontre de l'autre qui lui révèle par différence ce qu'il est. Malheureusement, il n'en va pas toujours ainsi, car le touriste ne répond que très imparfaitement à notre attente. Pour une raison très simple qui tient aux motivations profondes qui l'animent. Le touriste, au fond, est venu pour le pays, il n'est pas venu pour les hommes/

 

Finalement, le touriste est un homme qui passe et qui ne voit rien. Et d'ailleurs que cherche-t-il sinon à être confirmé dans ses propres préjugés, à retrouver ses propres habitudes de confort et jusqu'aux fausses images qu'il transporte avec lui sur la pays qu'il visite ?"

 

Résumé du texte :

 

Le touriste, ce travailleur en liberté, introduit un comportement de gaspillage au sein d'une société pauvre. Les autochtones se trouvent ainsi tentés en permanence par l'acquisition d'objets de consommation qu'ils n'ont pas les moyens de se procurer.

 

Une enquête a d'ailleurs démontré que le tourisme était un facteur important de délinquance juvénile.

 

Le tourisme est également un facteur d'évolution des moeurs du fait de la création de lieux de divertissement ouverts au public local.

 

En créant de nouveaux besoins, le tourisme accélère la modernisation de la société, mais il favorise parallèlement l'apparition de besoins prématurés eu égard aux moyens de les satisfaire. On peut du reste se demander si le tourisme est vraiment compatible avec un mode de vie traditionnel.

 

Le tourisme devrait être une rencontre réussie avec les habitants du pays d'accueil et l'occasion d'un vrai dialogue. Il n'est, bien souvent, qu'une rencontre manquée.

 

La raison en est que le touriste ne vient pas pour rencontrer des hommes, mais pour visiter un pays.

 

Aveuglé par ses préjugés, guidé par la seule recherche de son confort habituel, le touriste ne fait que passer sans rien voir.

 

Vocabulaire :


"Un scandale théorique, découlant d'une analyse académique" : le choc des sociétés riches et des sociétés pauvres suscite une indignation qui ne résulte pas d'une analyse universitaire (abstraite), mais de la constatation d'une réalité concrète et quotidienne : le comportement de gaspillage des touristes.

 

"Besoins prématurés" : le tourisme suscite la création de lieux et d'objets de consommation destinés à satisfaire la demande des étrangers, mais favorise parallèlement chez la population locale, l'apparition de besoins nouveaux qu'elle n'a pas les moyens de satisfaire.

 

Discussion : commenter et discuter cette affirmation : "Le tourisme est une rencontre manquée."

 

Introduction :

 

Chaque année, à la même époque, un étrange phénomène migratoire affecte les sociétés industrialisées : des centaines de milliers d'individus quittent le pays où ils vivent et travaillent à destination de pays lointains, généralement ensoleillés. Ce phénomène étrange et d'ailleurs relativement récent, le "tourisme", fait l'objet d'études, voire de critiques. C'est ainsi que m. Boudhiba, professeur de sociologie à l'université de Tunis, reproche aux touristes d'être incapables d'une véritable rencontre avec les habitants du pays qu'ils visitent. Quelles sont les raisons de cette "rencontre manquée" et comment faire du tourisme une "rencontre réussie" ?


Première partie : analyse critique de la notion de "tourisme". "Tourisme" vient de "tour" ("faire le tour"). On s'imagine connaître une ville, un pays, parce qu'on en a fait le tour ; exemple : les circuits organisés. Le tourisme, industrie de masse, liée à la société de consommation, recherche de délassement et d'exotisme, d'aventure sans risques ; exemple : les clubs de vacances.

 

Deuxième partie : les obstacles à une "rencontre réussie" :


a) La langue

b) Les préjugés et le refus de la "différence"

c) La différence de niveau de vie (analyser les effets de cette situation des deux côtés)

d) Le fait que le touriste vient se divertir et voir le pays et non les hommes

 

Troisième partie : les conditions d'une "rencontre réussie" :


 a) Faire l'effort d'apprendre la langue pour comuniquer avec les habitants

b) Accepter et respecter les différences (alimentaires, culturelles, etc.) ; cf. Montaigne sur l'art de voyager ("Essais", III, IX, "De la vanité")

c) Ne pas venir "en pays conquis", s'efforcer de vivre comme les habitants du pays

d) Aller à la rencontre des habitants, visiter le pays avec eux.

 

Conclusion :

 

Il dépend de nous de faire d'un voyage l'occasion d'une "rencontre réussie" en refusant de nous plier au conformisme des voyages organisés et en faisant l'effort d'aller réellement à la rencontre de cet "étranger" qui est en même temps notre "semblable". Il faut inventer une autre forme de rencontre qui soit en même temps une source d'enrichissement authentique et mutuel. Retrouvons le sens et le goût de l'hospitalité (donnée et reçue), qui caractérise nombre de sociétés traditionnelles. "Si tu diffères de moi, loin de me lèser, tu m'enrichis." (A. de Saint-Exupéry)

 


 


 


 


 


 


 


 

 


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light 29/10/2010



Un ENORME merci pour le temps que vous avez pris pour écrire cet article



Tietie007 19/10/2012


Le plan avec trois parties est-il obligatoire .

SONIA 05/01/2013


MERCI POURT CET ARTICLE VRAIMENT BIEN REDIGé

bleu 14/07/2014

Merci encore a l'auteur de cette rédaction, que Dieu lui accorde une longue vie sur terre.
Guy descard

keita 01/10/2014

merci j'espere que me reussira lors de mon concour croisez les doigts 4 me