Le blog de Robin Guilloux

Ce blog a pour ambition de faire connaître et apprécier la région Centre et en particulier la ville de Bourges. Je souhaite y faire partager mes goûts pour la poésie, la littérature, la peinture, le cinéma... J'y aborde également des questions qui me tiennent à cœur, souvent liées à l'actualité, en particulier le système scolaire (je suis enseignant), mais aussi la politique au sens large du terme et les problèmes de société.

Claude Lévi-Strauss : Race et Histoire, extrait (questions/réponses)

Publié le 16 Décembre 2011 par Robin Guilloux

 

claude-levi-strauss2.jpg

 

Aux terminales ST2S :

 

Je vous rappelle le travail à faire pour la Rentrée : répondre à des questions sur un texte de Claude Lévi-Strauss, extrait de Race et Histoire (1961), qui se trouve dans votre manuel, page 23, Philo., terminales STG, STI, STL, ST2S, Vladimir Biaggi et Guillaume Monsaingeon (Nathan)

 

 

L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. "Habitudes de sauvages cela n'est pas de chez nous ", " on ne devrait pas permettre cela ", etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens.

 

Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et sauvage, qui veut dire " de la forêt ", évoque aussi un genre de vie animale, par opposition à la culture humaine. Dans les deux cas, on refuse d'admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. [...] Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique.

 

Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était ou non, sujet à la putréfaction.

 

Cette anecdote à la fois baroque et tragique illustre bien le paradoxe du relativisme culturel (que nous retrouverons ailleurs sous d'autres formes) : c'est dans la mesure même où l'on prétend établir une discrimination entre les cultures et les coutumes que l'on s'identifie le plus complètement avec celles qu'on essaye de nier. En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus "sauvages" ou " barbares " de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie.

 

Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire (1961) 

 

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I/ compréhension

 

1°) Quelle est l'origine du mot "barbare" ? Que nous apprend cette étymologie ?

 

"barbare" : "il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposés à la valeur signifiante du langage humain."

 

barbare (du grec barbaros) : qui ne parle pas un langage humain

 

Les Grecs avaient donc tendance à considérer que ceux qui ne parlaient pas grec n'étaient pas vraiment des hommes. Mais cette tendance n'est pas propre aux Grecs ; selon Claude Lévi-Strauss, elle est universelle, "elle tend à réapparaître chez chacun de nous." (on parle "d'ethnocentrisme"). Nous avons du mal à nous "décentrer", à accepter les cultures différentes de la nôtre.

 

Bon courage pour les autres questions. Répondez directement sur le côté droit de la feuille et n'oubliez pas de mettre votre nom ! 

 

2°) Le mot "sauvage" provient du latin selva, qui désigne la forêt. En quoi les mots sauvages et barbare sont-ils proches ?

 

3°) "Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit en la barbarie." Pourquoi un tel paradoxe (idée déroutante, qui contrarie l'opinion commune) détruit-il l'idée même de barbarie ?

 

4°) Précisez le sens du mot "culture" dans ce texte.

 

II/ Réflexion

 

5) Peut-on diire qu'il existe des peuples civilisés et d'autres pas ? Précisez le sens possibles du mot "civilisation"

 

6) Dans l'Histoire récente, des hommes ont considéré que certains peuples n'étaient pas civilisés. Quelles en furent les conséquences ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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rado ceramica 21/12/2011


Vos amis toujours à l'abri, le vent, le gel, si vous portez au loin, mais je ne peux pas, je vais prier, ceux qui viennent résisté dans mon corps.

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