Le blog de Robin Guilloux

Ce blog a pour ambition de faire connaître et apprécier la région Centre et en particulier la ville de Bourges. Je souhaite y faire partager mes goûts pour la poésie, la littérature, la peinture, le cinéma... J'y aborde également des questions qui me tiennent à cœur, souvent liées à l'actualité, en particulier le système scolaire (je suis enseignant), mais aussi la politique au sens large du terme et les problèmes de société.

Cyprien de Carthage : "L'unité de l'Eglise"

Publié le 9 Juillet 2009 par Robin Guilloux

La collection Sources chrétiennes (éditions du Cerf) a fêté son 500ème volume avec l’édition bilingue du Traité sur l’Unité de l’Eglise (De ecclesiae catholicae unitate) de Cyprien, évêque de Carthage, confesseur et martyr de la Foi. Cette édition est un modèle de ce qui se pratique aujourd’hui en matière de collaboration pluridisciplinaire entre spécialistes d’un même auteur.

 

Evêque de Carthage au milieu du III° siècle, saint Cyprien est une figure majeure de l’Eglise primitive. Né de parents païens en Afrique du Nord vers l’an 200 de notre ère, il enseigne d’abord la rhétorique à Carthage (actuellement en Tunisie). Converti assez tard au christianisme, il entre dans la communauté chrétienne par le baptême vers 245. Ordonné prêtre vers 248, il est consacré peu après évêque de Carthage. Persécuté sous l’empereur Dèce et forcé de quitter Carthage, il y retourne pour combattre les hérésies qui s’étaient répandues en son absence. D’abord condamné à l’exil en août 257, il refusa d’abjurer sa foi et fut décapité le  14 septembre 258. On le fête le 16 septembre.

 

Le Traité sur l’unité de l’Eglise est d’abord un cri d’alarme et un appel passionné auquel l’évêque Cyprien a probablement donné un retentissement public à l’occasion du synode provincial qui s’est tenu à Carthage vers la fin de l’année 251. Contre les divisions qui déchiraient les communautés chrétiennes à Rome comme en Afrique, Cyprien prêcha l’unité : l’Eglise, locale et universelle, est unique et une «  comme la tunique sans couture du Christ ». Mais l’unité est une tâche à réaliser par chaque fidèle dans son attitude et son comportement avec la grâce de l’Esprit Saint.

 

Une affirmation posée vers la fin de l’ouvrage résume l’ensemble de son discours : « Dieu est un et le Christ est un, une est son Eglise et une la Foi, et de même le peuple lié par le ciment de la concorde pour réaliser l’unité indivisible du corps. »

 

« Ce Traité, explique dans la préface Mgr. Claude Dagens, évêque d’Angoulême, est un écrit de circonstance qui témoigne de façon éloquente de la passion avec laquelle Cyprien de Carthage a exercé son ministère d’évêque en un temps d’épreuves. Mais au-delà des circonstances, ce témoignage contient des affirmations décisives sur le ministère épiscopal et sur le rôle primordial qu’il joue pour défendre et garantir l’unité de l’Eglise… »

 

« …Pour Cyprien de Carthage, l’unité de l’Eglise n’a pas un caractère sociologique, moral ou philosophique, elle est de nature ontologique ; elle a son propre fondement et sa propre origine dans le mystère trinitaire dont elle est le signe visible. Elle est le sacrement de l’unité : de là naît sa sainteté et la validité des sacrements qu’elle confère. »

 

.«… Le témoignage de Cyprien est un jalon capital dans l’élaboration de la doctrine chrétienne relative au ministère épiscopal. Tous les théologiens qui, avant et après le Concile Vatican II, ont réfléchi aux fondements de ce ministère, à son exercice, à la manière dont il a été compris dans ses rapports à la collégialité et à la primauté romaine, sont tous amenés à étudier le Traité sur l’unité de l’Eglise en montrant l’influence marquante qu’ouvrent durablement, dans l’Histoire de l’Eglise, les affirmations de Cyprien. » 

 

 

                                                                       

 

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