Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 15:47

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Paul Ricoeur, Etre, essence et substance chez Platon et Aristote, cours professé à l'université de Strasbourg en 1953-1954, texte vérifié et annoté par Jean-Louis Schlegel

 

"Dans son testament, Paul Ricoeur a interdit formellement l'édition de ses cours. Néanmoins, les éditions SEDES ayant publié le cours sur Platon et Aristote avec un ISBN en 1982, le comité éditorial en a décidé la reprise aux éditions du Seuil." (Jean-Louis Schlegel)

 

Mais l'argument de fond en faveur de cette édition réside dans sa qualité exceptionnelle, fruit d' un travail assidu de relecture et de correction sur les exemplaires déposés à la faculté de Strasbourg et à  la Sorbonne.

 

Outre la maîtrise parfaite des idées et des oeuvres, la maîtrise de la langue originelle et la connaissance approfondie des commentateurs : Festugière, Moreau, Robin, Brochard, Jaeger, Goldschmidt... (ce que l'on peut, après tout, considérer comme allant de soi), ce cours illustre la faculté qu'avait Paul Ricoeur de rendre clair des choses compliquées, sans sacrifier pour autant à la complexité des problématiques ; on n'en veut pour exemple le développement sur la dialectique de l'Un et du multiple dans le Parménide de Platon qui a donné bien des maux de têtes à des générations d'étudiants en philosophie ! (pg. 111 et suiv.)

 

On ajoutera à ce don de pédagogue hors pair qui tenait autant à la clarté d'un esprit qu'à la personnalité d'un l'homme,  une "musicalité" propre qui distingue le commentateur de "l'herméneute".

 

On remarquera également l'intérêt de Paul Ricoeur pour la question du langage, qui préfigure son oeuvre philosophique future.

 

 

"Professé d'abord et polycopié à Strasbourg dès 1953, puis devenu "Cours de Sorbonne" polycopié en 1957, ce Cours interprète avec rigueur le sens des trois mots du titre "être", "essence" et "substance" - les concepts fondamentaux de la métaphysique occidentale. Ils eurent une importance exceptionnelle dans l'histoire de la philosophie, bien au-delà de la scolastique médiévale et de la métaphysique classique, puisqu'au XXème siècle Heidegger et d'autres se mesurent encore et toujours à eux. Comment Platon, puis Aristote les pensent-ils ? Quels sens leur donnent-ils ? Outre l'intérêt intrinsèque du commentaire, très fouillé et très appuyé sur les textes, on note les connexions et les inversions que Ricoeur introduit au sein des deux philosophies et entre elles, et son insistance, déjà, sur la question du langage. Il met aussi en relief des évolutions surprenantes : un second Platon a critiqué un premier Platon (le Platon des Idées), et un second Aristote a critiqué  Platon en le simplifiant et même en le caricaturant. " 

 

But et plan de ce cours :

 

L'intention la plus lointaine de ce cours est de faire une répétition des fondements ontologiques de notre philosophie occidentale, d'en comprendre l'intention par le moyen de l'histoire de son commencement.

 

Son but le plus proche est de comprendre la portée du débat entre Platon et Aristote, d'y saisir l'origine d'un rythme de notre philosophie. Il est banal de dire que ce rythme est celui d'une philosophie de l'essence et d'une philosophie de la substance. Cela est vrai en partie. Mais la véritable contribution de Platon et d'Aristote à la métaphysique est au-delà. Platon n'est pas seulement le théoricien des Formes ou des Idées, mais celui qui a le plus vigoureusement réfuté un platonisme élémentaire et naïf qui pourrait se réclamer de la théorie des Idées ; à partir du Parménide se constitue une ontologie de second degréqui est l'apport véritable de Platon à l'ontologie. Encore faudra-t-il bien entendre ce que nous appelons l'ontologie de premier degré et retrouver les raisons très fortes de la théorie des Idées, puisque, aussi bien, la méditation sur les idées d'être et de non-être ne constitue pas un reniement de la première ontologie, mais une remise en question de ses fondements. C'est pourquoi nous nous arrêterons d'abord à cette première ontologie, dont nous chercherons la raison dans une justification de la parole humaine plus que dans une explication de la réalité ; c'est à ce plan que se constitue l'idée d'un "être véritable" (ontos on), qui est précisément l'Idée. L'ontologie radicale procède d'un redoublement de la question de l'être : qu'est-ce que l'être de ces êtres, de ces étants authentiques que nous avons appelés formes ? A quelle condition l'être est-il pensable ? C'est cette ontologie critique qui nous occupera dans la deuxième partie.

 

Mais Aristote n'est pas moins difficile et complexe : le symétrique apparent de l'essence platonicienne, c'est la substance aristotélicienne. Et pourtant, cette philosophie de la substance, que l'on ramène trop vite à celle de la substance sensible, physique, est prise elle aussi dans une investigation de "l'être en tant qu'être". La Métaphysique n'aborde la substance sensible qu'à partir de cette problématique radicale, que nous étudierons dans la première partie du cours consacré à Aristote. Bien plus, l'objet de la physique n'est introduit dans la Métaphysique que comme une étape entre l'élucidation de "l'être en tant qu'être" et la détermination d'une substance suprême, d'une substance excellente, première ; c'est cette dernière doctrine qui se donne comme la réalisation du programme de la Métaphysique. Nous l'étudierons dans la deuxième partie de ce même cours. Du coup, l'ontologie aristotélicienne n'est pas une simple antithèse du platonisme ; l'ontologie radicale d'Aristote est avec celle de Platon dans un rapport beaucoup plus subtil de continuite et d'opposition ; c'est cela qu'il faudrait comprendre pour donner sa portée véritable à l'opposition trop simple d'une philosophie de l'essence et d'une philosophie de la substance."

 

Organisation du cours :

 

I/ Platon :

 

Première partie : "L'Être véritable" ou l'Idée

Deuxième partie : L'idée de l'Être et du Non-Être

Troisième partie : L'Être et le "Divin"

 

II/ Aristote :

 

Première partie ; L'Être en tant qu'Être

Deuxième partie : L'Être et la Substance

 

I/ Platon :

 

"Le thème de cette première partie est l'indice ontologique que Platon a attaché aux Idées ou Formes ; il est difficile de revenir à l'origine du problème platonicien : il faut pour cela oublier la critique d'Aristote qui est conduite du point de vue de sa propre philosophie ; Platon aurait attribué aux Idées, qui ne sont après tout que des attributs possibles des choses, la dignité d'être qui revient de droit aux sujets d'attribution, aux choses même existantes. Si l'on commence ainsi, le platonisme apparaît d'emblée comme une grande absurdité qu'il n'est plus possible de répéter en soi-même. Il faut oublier, outre la critique d'Aristote, la question d'Aristote, qui est de comprendre "pourquoi" (le dioti) des choses existantes, donc de rendre raison du réel tel qu'il est. Il faut se laisser saisir par le style d'interrogation proprement socratique et entendre la question que lui nous pose, afin de déployer tout ce qui est impliqué dans sa question spécifique."

 

II/ Aristote :

 

"Les rapports entre Platon et Aristote, du point de vue de la doctrine de l'être, sont singulièrement plus complexes qu'il ne paraît d'abord. Tout serait simple si le platonisme était ce réalisme naïf que Platon dépeint lui-même sous les traits des "Amis des Formes" dans Le Sophiste et si Aristote était simplement son contraire, à savoir un ami de la Terre. L'opposition se réduit à celle d'une philosophie des "essences" et d'une philosophie des "substances", étant supposé en outre que le centre de gravité de la philosophie aristotélicienne s'appelle ousia - mot dérivé du participe substantivé to on, l'être : c'est donc son indice ontologique, si l'on peut dire, qui est tout de suite désigné ; de plus, ce qui fait "l'étance" de cet "étant" (pour traduire immédiatement le grec), c'est sa forme, son eidos ; ce même mot, que nous traduisons malheureusement par Idée chez Platon et par Forme chez Aristote, doit cacher à la fois une continuité et une opposition plus subtiles que celles qui apparaissent d'abord entre Platon et Aristote. Ce n'est pas le plus important ; ni l'ontologie platonicienne ni l'ontologie aristotélicienne ne se réduisent à une théorie des Idées ou des Formes ; les clés de "l'essentialisme" platonicien et du "substantivisme" aristotélicien sont à chercher plus loin..."

 

 

 

 

 

 

Par Robin Guilloux
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 10:58

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 "Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire."

 

René Girard, de l'académie française, entretiens avec Benoît Chantre, Achever Clausewitz (éditions carnetsnord)

 

Professeur émérite à l'université de Stanford aux Etats-Unis, élu à l'académie française en 2005, René Girard poursuit, depuis les années 60, une réflexion d'une portée considérable sur les comportements humains et en particulier sur les notions de violence et d'imitation.

 

Après Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1972), pour ne citer que trois de ses oeuvres les plus connues, voici Achever Clausewitz, paru en 2007 aux éditions carnetsnord. Un livre écrit sous forme de dialogue avec Benoît Chantre, directeur éditorial des éditions carnetsnord.

 

Né à Avignon en 1924, René Girard a découvert Clausewitz aux Etats-Unis dans une traduction américaine annotée par un aviateur américain.

 

Mais qui est Clausewitz (1780-1831) et pourquoi René Girard s'est-il intéressé à cet officier prussien contemporain de Napoléon au point d'en faire un livre, un livre essentiel, peut-être son livre le plus grave et le plus important, une sorte de testament philosophique ?

 

Carl von Clausewitz (1780-1831) est un stratège prussien, auteur d'un traité qui eut un grand retentissement : De la Guerre ; ce traité, resté inachevé, a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes qui en ont retenu un axiome essentiel : "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens."

 

Autrement dit, la guerre éclate quand les solutions pacifiques ont échoué, mais demeure constamment sous le contrôle des gouvernements qui restent maîtres des buts qu'ils  poursuivent, jusqu'au  retour de la paix.

 

Cette conception, valable jusqu'à la fin du XVIIIIème siècle (la fameuse "guerre en dentelles") est en réalité très en-deçà de la nouveauté radicale de ce traité. Tout se passe comme si Clausewitz avait fini par reculer devant les conséquences de ses intuitions et avait édulcoré par cette formule les conclusions radicales et, il faut bien le dire, effrayantes, auxquelles il était arrivé. Achever Clausewitz, c'est donc penser les intuitions de Clausewitz jusqu'au bout.

 

Observateur des campagnes napoléoniennes - l'admiration de Clausewitz pour Napoléon n'a d'égal que sa haine pour l'empereur des Français et René Girard analyse cette ambivalence à la lumière des concepts de "modèle obstacle" et de "rivalité mimétique" - Clausewitz est le premier à avoir compris la nature de la guerre moderne : "en un mot, même les nations les plus civilisées peuvent être emportées par une haine féroce (...) Nous répétons donc notre déclaration : la guerre est un acte de violence et il n'y a pas de limites à la manifestation de cette violence. Chacun des adversaires  fait la loi de l'autre, d'où résulte une action réciproque et la première extrémité que nous rencontrons (pg. 32 et 53 dans le traité de Clausewitz)

 

La guerre moderne est un duel, une action réciproque entre deux adversaires pris dans un mécanisme implacable de "montée aux extrêmes". Ce mécanisme s'est imposé peu à peu comme la loi unique de l'Histoire. "Loin de contenir la violence, écrit René Girard, la politique court derrière la guerre."

 

Pour René Girard, Clausewitz est le témoin et le prophète fasciné d'une accélération de l'Histoire, des guerres napoléoniennes, jusqu'à la possibilité nullement théorique de la destruction totale de l'Humanité préfigurée par le lancement de la bombe atomique sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki en août 1945, en passant par la mobilisation totale de 1914-1918 et la seconde guerre mondiale.

 

La thèse centrale de René Girard se situe dans la ligne des prophéties apocalyptiques des Evangiles de Marc et Matthieu : la révélation judéo-chrétienne a détraqué les vieilles religions sacrificielles et permis le formidable développement scientifique, technique, économique de l'Europe, puis du monde, à partir de l'Europe, mais, privé de substituts sacrificiels, l'humanité tend à ce que Clausewitz appelle dans son traité la "montée aux extrêmes", c'est-à-dire au déchaînement absolu de la violence : nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Cette "montée aux extrêmes" se traduit aujourd'hui par le phénomène du terrorisme et du contre-terrorisme qui remet totalement en cause les données de la guerre classique par son caractère insaisissable, radical et suicidaire, par la guerre économique dans le cadre d'une économie ultra concurrentielle et mondialisée (Girard analyse en particulier la concurrence entre la Chine et les Etats-Unis en termes de "rivalité mimétique") et par le spectre d'une catastrophe écologique de grande ampleur qui est une conséquence de la violence exercée par l'homme sur la nature, devenue un substitut sacrificiel.

 

 

La conclusion de René Girard ne plaira évidemment pas à tout le monde. Le seul moyen, selon lui, de mettre un terme à la violence, au conflit des doubles, à l'escalade mimétique des ennemis qui s'imitent l'un l'autre dans un processus de montée aux extrêmes, c'est de prendre au sérieux les textes apocalyptiques (Jean), de renoncer pour de bon à la violence et de se mettre à l'école de l'Evangile en comprenant le sens profond de la parole de Jésus : "Si on te frappe sur la joue gauche, tends la joue droite." comme une mise en garde contre le mécanisme implacable de la montée aux extrêmes et le cycle infernal de la vengeance et des représailles, mais aussi contre une conception purement concurrentielle de l'économie, porteuse de conflits menaçants et de menaces écologiques.

 

Une mise en garde qui concerne les individus, mais aussi les peuples et qui a réellement porté des fruits dans les rares moments où l'humanité en a tenu compte, par exemple au moment de la réconciliation franco-allemande.

 

La conclusion de René Girard est que l'humanité est à la croisée des chemins : "Du divin est apparu, plus fiable que toutes les théophanies précédentes, et les hommes ne veulent pas le voir. Ils sont plus que jamais les artisans de leur chute, puiqu'ils sont devenus capables de détruire leur univers. Il ne s'agit pas seulement, de la part du christianisme d'une condamnation morale exemplaire, mais d'un constat anthropologique inélucable. Il faut donc réveiller les consciences endormies. Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire." (p. 364)

 

 

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Par Robin Guilloux
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 19:07

Chers adhérents, chers sympathisants,

Comme vous le savez sans doute déjà, le congrès national de l'Union Populaire Républicaine aura lieu le samedi 3 décembre à Nogent-sur-Marne (94). C'est à l'occasion de cet événement que François Asselineau se déclarera officiellement candidat à l'élection présidentielle de 2012 et rendra public le programme complet de l'UPR pour cette échéance.


Vous êtes déjà nombreux à avoir effectué votre réservation mais comme nous souhaitons une très large mobilisation - déterminante pour le succès de l'événement et le développement de l'UPR -, nous nous permettons d'insister sur l'importance de votre présence. Pour prendre connaissance des détails du congrès et des modalités d'inscription, veuillez consulter notre précédente lettre d'information.

Comme nous l'avons annoncé, nous ferons aussi un point sur la recherche des 500 signatures à l'occasion du congrès. La campagne a d'ores et déjà commencé, des adhérents et des sympathisants parcourent la France pour solliciter le parrainage des élus. Toutefois, cela ne suffira pas, pour réussir à présenter la candidature de François Asselineau en 2012, nous avons besoin du renfort d'autres bonnes volontés. Si vous avez un peu de temps à consacrer à cette tâche cruciale, veuillez vous manifester dès que possible en nous écrivant à l'adresse habituelle (contact@u-p-r.fr).

 

Pour vous aider dans vos démarches, nous mettons à votre disposition une lettre de promesse de signature à faire signer aux maires. Pour toute question relative à l'utilisation de ce document ou aux modalités pratiques de la recherche des signatures, n'hésitez pas à nous solliciter. La candidature de François Asselineau à l'élection présidentielle de 2012 nous semble de moins en moins irréaliste mais nous avons besoin de vous pour passer de l'espoir à la certitude.

Bien cordialement,
Equipe UPR

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Daniel COHN-BENDIT lance le programme « European Young Leaders »
Mais si, bien sûr ! C’est le programme phare de la French American Foundation (FAF), piloté en sous-main par les services de renseignement américains pour recruter des« élites » françaises « amies » de Washington. Parmi les Young Leaders de la FAF figurent notamment Alain Juppé, François Hollande, Pierre Moscovici, Valérie Pécresse, Arnaud...

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Revenons un instant sur la déclaration du sénateur Philippe Marini du 19 octobre dernier sur Europe 1. Selon M. Marini, il convient, pour éviter l’action des lobbies et groupes d’intérêts, de réduire absolument toutes les dépenses budgétaires. Remettons quelque peu les choses dans leur contexte...

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À peine nommé à la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, Mario Draghi décide de baisser de 1,5 à 1,25% le principal taux directeur de la BCE. Ce genre de mesures est théoriquement décidée lorsque le risque de récession paraît supérieur au risque d’inflation. C’est d’ailleurs ce que vient de déclarer M. Draghi, en dressant des perspectives très...

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Par Robin Guilloux
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 18:57

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Après bien des aventures, Candide, le jeune homme naïf et son valet Cacambo arrivent dans un pays étrange où l'on fait peu de cas de l'or et des pierres précieuses et où tout semble idéal, l'Eldorado (pays doré)

 

 

Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt pieds de haut, et de cent de large ; il est impossible d’exprimer quelle en était la matière. On voit assez quelle supériorité prodigieuse elle devait avoir sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries.
Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse, les conduisirent aux bains, les vêtirent de robes d’un tissu de duvet de colibri ; après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l’appartement de sa majesté au milieu de deux files, chacune de mille musiciens, selon l’usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône, Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s’y prendre pour saluer sa majesté : si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle ; en un mot, quelle était la cérémonie. « L’usage, dit le grand-officier, est d’embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de sa majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, et qui les pria poliment à souper.

 
En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices publics élevés jusqu’aux nues, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaines d’eau rose, celles de liqueurs de cannes de sucre qui coulaient continuellement dans de grandes places pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du girofle et de la cannelle. Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu’il n’y en avait point, et qu’on ne plaidait jamais. Il s’informa s’il y avait des prisons, et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d’instruments de mathématiques et de physique.

 

 

Après avoir parcouru toute l'après-dînée à peu près ma millième partie de la ville, on les ramena chez le roi. Candide se mit à table entre Sa Majesté, son valet Cacambo et plusieurs dames. Jamais on ne fit meilleure chère, et jamais on n'eut plus d'esprit à souper qu'en eut Sa Majesté.Cacambo expliquait les bons mots du roi à Candide, et quoique traduits, ils paraissaient toujours des bons mots. de tout ce qui étonnait Candide, ce n'était pas ce qui l'étonna le moins.

 

Voltaire, Candide, chap. XVIII, 1759

 

Questions sur le texte :

 

1) Qu'est-ce qu'une utopie ?

2) En quoi le texte évoque-t-il une société utopique ?

3) La société décrite par le Voltaire est-elle crédible ?

4) En quoi consiste la fonction critique de l'utopie dans ce texte ?

 

 

Eléments de réponse :

 

"Utopie" vient d'un  mot grec latinisé u-topia, de ou-topos, littéralement "en aucun lieu". (ou eu-topia : le bon lieu). Ce genre littéraire et philosophique remonte à Platon (la Callipolis). Il fut remis au goût du jour à la Renaissance, notamment par Thomas More, auteur d'un ouvrage précisément intitulé Utopia qui a donné le mot utopie, par Campanella (La Cité du soleil) et par Rabelais (l'abbaye de Thélème, Gargantua, chap. LVII). Une utopie est une oeuvre littéraire qui évoque une société idéale. L'utopie, en tant que genre littéraire a généralement une fonction critique.

 

Le lecteur prend plaisir à accompagner Candide et Cacambo dans un monde merveilleux, semblable à celui des contes (par exemple Les Mille et une Nuits, traduit par Antoine Galand au XVIIème siècle). Le pays d'Eldorado est caractérisé par  la vitesse ("les six moutons volaient et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi..."), la richesse, le plaisir des sens, le luxe, la profusion, l'innombrable, l'incommensurable, l'exotisme, l'étrangeté des us et coutumes (chercher des exemples illustrant chacune de ces notions dans le texte)

 

Le texte de Voltaire joue sur les deux registres narratif et argumentatif ; le texte est un récit chronologique : 1) Candide et Cacambo sont accueillis 2) On leur fait visiter la capitale du royaume 3) Ils sont reçus par le roi - destiné à plaire, à amuser, à nourrir l'imagination par son caractère merveilleux ; ce récit est également destiné à faire réfléchir le lecteur, non pas à travers ce qui est dit, mais à travers ce qui est sous-entendu : le lecteur est amené à faire des comparaisons entre le pays d'Eldorado et le royaume de France, au détriment de ce dernier.

 

En contraste avec cette richesse, cette profusion et ce luxe (montrer que tous les sens sont sollicités : la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, le goût) ; Voltaire est le contemporain de Condillac et du sensualisme qui soutient que toute connaissance vient des sens (il n'y a pas d'idées innées) et ne privilégie pas la vue, comme le fait la pensée traditionnelle. Le narrateur insiste sur la simplicité et l'intelligence  du monarque, prototype du "monarque éclairé" (il se laisse toucher, contrairement aux rois de France dont le corps est sacré,  et même embrasser... il reçoit à sa table le maître et le serviteur, sans faire de différence, sa conversation est pleine d'esprit). Dans le dernier chapitre du Siècle de Louis XIV, Dispute sur les cérémonies chinoises, chap. XXXIX, Voltaire oppose aux erreurs de Louis XIV des images édifiantes de l'empereur Young-tching, assurant, en monarque éclairé, le bonheur de ses sujets par la paix, la tolérance et l'agriculture.

 

Voltaire plaide en faveur d'un urbanisme raisonné en lieu et place d'un urbanisme spontané (qui se développe à Paris sous le Second Empire avec le baron Haussmann) ; il souligne l'absence d'institutions répressives (il n'y a ni tribunaux, ni prisons), il évoque une société où les femmes ont un rôle social et sont les égales des hommes (les grandes "officières", féminin de "officiers", néologisme qui préfigure nos "écrivaines" et autres "préfètes") et où les sciences et les techniques sont à l'honneur : "Ce qui le surprit davantage et ce qui lui fit le plus plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d'instruments de mathématiques et de physique."

 

 "Le XVIIIème siècle connut à la fois la considération toute nouvelle de la technique, comme phénomène culturel et la naissance de la théorie du progrès comme essence de l'Histoire, écrit Christian Godin... L'idée était née chez certains philosophes (Bacon, Descartes, Pascal) et hommes de sciences (Galilée) (...) Le XVIIIème siècle, parce qu'il fut une période de progrès objectifs (le début de la Révolution industrielle) élargit cette idée de progrès à l'ensemble de l'Histoire humaine, de la pensée aux moeurs, de la science à la morale. Il y a progrès lorsque, à partir d'une situation de référence, un processus conduit à un plus (quantité) ou à un mieux (qualité).

 

Naît alors cette extraordinaire UTOPIE, destinée à remplacer la notion religieuse de Providence divine : si l'homme est méchant, c'est parce qu'il est malheureux, et s'il est malheureux, c'est parce qu'il est misérable. Renversons la misère en abondance, alors le bonheur remplacera le malheur et le Bien régnera sur terre. Et qu'est ce qui peut supprimer la misère, sinon les progrès scientifiques et techniques, qui donneront à chaque homme de quoi manger à sa faim et de quoi se loger et se vêtir ? Des esprits aussi différents que Victor Hugo et Karl Marx communieront au XIXème siècle dans cette même espérance.

 

Quelle est l'origine du Mal sur la terre (haines, meurtres, guerres) ? Le malheur dû à la misère. Un homme heureux n'a plus de raison d'en vouloir à son voisin. Dans une situation d'abondance apportée par la technique (comme c'est la cas au pays d'Eldorado), le mal politique (le despotisme) et le mal moral disparaîtront. L'homme heureux sera bien gouverné et se gouvernera bien lui-même. Le paradis s'établira sur terre. La science et la technique sont les moteurs de ce mécanisme vertueux."

 

Au naïf optimisme de Pangloss concernant le présent : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes", les Lumières substituent en somme une vision du futur tout aussi optimiste, et non moins naïve : "Tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes."

 

On remarque qu'il n'y a ni églises, ni temples, ni lieux de culte au pays d'Eldorado, ce qui constitue une critique implicite des institutions religieuses.

 

Le pays d'Edorado est un monde inversé par rapport au monde réel : l'or (et les pierres précieuses) ont peu de valeur d'usage, mais une grande valeur d'échange, alors qu'au pays d'Eldorado, ils ont une grande valeur d'usage (il servent à paver les rues), mais aucune valeur d'échange.

 

Les économistes du XVIIIème siècle, comme Ricardo ou Adam Smith s'interrogent sur la fonction de la monnaie et sur la richesse ; pour Adam Smith, la "richesse des nations" repose sur le travail et non sur l'or (ou les pierres précieuses) et la fonction principale de l'or (et de l'argent) est de régler les échanges, ce que disait déjà Aristote, mais que l'on avait eu tendance à perdre de vue. Peut-être Voltaire se fait-il ici l'écho des théoriciens qui critiquent l'or (et éventuellement les pierres précieuses) en tant que "richesses princières" dont les rois se servent pour faire la guerre.

 

Toutefois, il est impossible de croire en ce monde parfait (exagérations, hyperboles...)

 

Il y a donc un décalage significatif entre ce que dit le narrateur, ce qu'il pense et ce qu'il suggère, entre l'explicite et l'implicite.

 

Sous le couvert de la description d'une société idéale, Voltaire fait la critique de l'urbanisme de son temps (la saleté, l'insalubrité, les encombrements de Paris) et dénonce la monarchie de droit divin, les moeurs de la cour et, plus généralement, la vie politique et sociale au XVIIIème siècle.

 

On pourrait dire en conclusion que l'utopie voltairienne n'est pas ce qui n'existe nulle part, mais ce qui pourrait, sous certaines conditions, et dans une certaine mesure exister, à condition que l'on applique les idées des Lumières. "L'utopie est simplement ce qui n'a pas encore été essayé." (Théodore Monod). Outre sa fonction narrative et sa fonction critique, cette évocation d'une utopie assure donc une fonction prophétique qu'il ne faut peut-être pas, connaissant Voltaire, prendre exagérément au sérieux.

 

 

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Par Robin Guilloux
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 16:40

 

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Par Robin Guilloux
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 17:38

 

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Franck Tallis, Petite musique de la mort, titre original : Death and the Maiden, 10/18, Grands Détectives, traduit de l'anglais par Hélène Prouteau

 

 

Avec Petite musique de la mort (qui aurait aussi bien pu s'intituler La Jeune fille et la mort, comme le lied de Schubert), Franck Tallis achève en apothéose la superbe partition viennoise des Carnets de Max Liebermann, où l'on suit le psychiatre Max Liebermann, ami et émule de Sigmund Freud, et l'inspecteur Oskar Reinhart dans les splendeurs et les bas fonds de l'Empire austro-hongrois.

 

Vienne, 1903. Une enquête autour de la mort suspecte d'une diva de l'opéra de Vienne, la belle et fragile Ida Rosenkrantz, aux multiples amants et au caractère instable, rapprochera dangereusement nos deux amis des plus hautes sphères du pouvoir, des lambris du Palais impérial aux méandres néo-gothiques de l'Hôtel de Ville de Vienne.

 

Aux côtés de l'empereur François-Joseph en personne et du grand maréchal du Palais, apparaissent pour la première fois, également au premier plan, Gustav Malher, directeur de l'opéra de Vienne et l'inquiétant Karl Lueger, bourgmestre démagogue et antisémite, étoile montante de la vie politique autrichienne et rival du vieil empereur : deux adversaires, pour le moment, aussi puissants l'un que l'autre, dont aucun ne veut d'un scandale public et qui pourraient bien faire payer cher à Reinhart sa trop grande perspicacité.

 

Parallèlement à l'enquête principale, Max Liebermann s'interroge sur un autre décès suspect, survenu 40 ans auparavant, celui du compositeur David Freimark. L'enquête  aboutira à la découverte de la  (triste) vérité et d'une oeuvre inédite du musicien, un lied admirable sur un poème de Goethe.

 

Dernier roman, donc,  de la série, sous le signe de la musique et de la politique, où l'on assiste (enfin !) à l'heureux dénouement de la relation compliquée entre Max Liebermann et Miss Amelia Lydgate, mais où se profile, derrière les fastes quelque peu frelatés et la joyeuse insouciance de la capitale des Habsbourg,  le spectre de la guerre et de la subversion.

 

 

Docteur en psychologie renommé, spécialiste des troubles obsessionnels, Franck Tallis a d'abord publié des essais de psychologie grand public, puis des romans (Killing Time et Sensing Others) pour lesquels ils a reçu en 1999 le Writer's Award de l'Académie des arts de Grande-Bretagne et, un an plus tard, le New London Writer's Award. Sa série viennoise, Les carnets de Max Liebermann, débute avec La Justice de l'inconscient, saluée dès sa parution par une critique et un public unanimes. Franck Tallis vit aujourd'hui à Londres.

 

Du même auteur, aux editions 10/18 :

 

Les carnets de Max Liebermann :

 

La Justice de l'Inconscient

Du sang sur Vienne

Les Mensonges de l'Esprit

Les Pièges du Crépuscule

Communion mortelle

 

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Par Robin Guilloux
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 18:24

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Edith Stein (1891 - 9 août 1942)

 

 

"Mon désir de vérité était une unique prière." (Edith Stein)

 

 

Edith Stein, Phénoménologie et Philosophie chrétienne, présenté et traduit de l'allemand par Philibert Secretan, Les Editions du Cerf, 1987

 

"Il est à craindre qu'au moment même où l'on honore et l'on invoque la bienheureuse Thérèse-Bénédicte de la Croix, carmélite allemande gazée à Auschwitz-Birkenau en août 1942, on continue largement d'ignorer les textes d'Edith Stein, philosophe, juive convertie et baptisée dans l'Eglise catholique en 1922, assistante de Husserl et interdite d'enseignement par les nazis, phénoménologue et métaphysicienne... Il serait affligeant que malgré la renommée qui l'entoure, on néglige le travail de pensée qui accompagna et exprima le travail de la Grâce dans l'âme de cette femme au destin exemplaire (... )

 

Le livre que nous présentons ici, explique Philibert Secretan, n'a d'autre prétention que de donner à lire quelques textes importants, aux affinités nombreuses, rassemblés autour du thème Phénoménologie et Philosophie chrétienne. Ce titre non seulement évoque le cheminement de l'auteur, mais en recentre la pensée autour de la philosophie prise sous son double aspect de recherche rigoureuse - scientifique comme aime à dire Edith Stein - telle que l'avait conçue Husserl, et de recherche de la vérité : d'une vérité qui ne pouvait se trouver contredite par l'expérience humaine que souligne tout l'empirisme phénoménologique, et moins encore par la Révélation. Ce livre recentre donc, sous forme d'un ensemble assez exaustif de textes consacrés à la philosophie, ce que décrivent largement les beaux commentaires de  Sr Theresia Renata de Spiritu Sancto, o.c.d., d'Elisabeth de Miribel, de Reuben Guilead (qui fut le premier à avoir pris l'entière mesure d'Edith Stein philosophe), du P. Romaeus Leuven, o.c.d., et d'autres encore..."

 

"Si l'exigence de vérité qui l'a toujours conduite fait découvrir à Edith Stein, dans le De Veritate de saint Thomas, un aboutissement à ce qu'elle cherchait à partir des Logisches Untersuchungen, et si elle trouve dans la théorie phénoménologique du Moi - exploitée comme une nouvelle ''phénoménologie de l'Esprit" - de quoi prendre référence chez sainte Thérèse d'Avila, elle porte témoignage d'une conversion de tout son être, intellectuel et affectif, philosophique et religieux, et simultanément de toute son oeuvre (...)

 

Devenue chrétienne, elle n'entend plus la philosophie de la même manière. Une véritable transvaluation des valeurs s'opère, dans un sens radicalement  opposé à Nietzsche, puisqu'il ne s'agit pas de dénoncer une maladie initiale, décelable au fondement des valeurs communes, une manière de mensonge au coeur de la vérité, mais bien de remplir d'une Présence réelle ce que la philosophie ne parvenait à désigner que comme une absence : l'Ego transcendantal n'est proprement personne, ou la non-personne. La seule parenté à évoquer entre elle et Nietzsche passerait par la médiation de Pascal : ce Pascal dont Nietzsche s'est constitué le anti-héros, et que tant d'affinités, lient à Edith Stein (...)

 

Cette référence inscrit le noyau mystérieux, indécis - blanc en quelque sorte - de l'Ego pur husserlien dans la tradition mystique chrétienne. C'est dans la plus grande infidélité à la philosophie de son maître qu'Edith Stein demeure la plus fidèle à l'esprit de la phénoménologie ; à condition de laisser le mystère de l'Ego se transignifier en relation d'un Moi vivant au mystère du Dieu présent."

 

"Philosophe, assistante de Husserl, Edith Stein, juive, devient disciple du Christ. Moniale, réfugiée en Hollande, elle est déportée et assassinée à Auschwitz-Birkenau. Au moment de son arrestation, elle avait dit à sa soeur : "Viens, nous allons pour notre peuple !"

 

Le destin exceptionnel de cette femme s'est accompli aussi dans ses écrits, notamment son oeuvre philosophique. Phénoménologue, attachée à la "philosophie comme science rigoureuse", elle traduit en langage moderne le De Veritate de saint Thomas. Carmélite, elle commente Thérèse d'Avila et Jean de la Croix. Femme, elle s'interroge sur la condition féminine et explore les voies de la maîtrise d'elle-même.

 

Les textes traduits dans ce recueil proviennent de l'oeuvre proprement philosophique de la disciple de Husserl : le sens de la phénoménologie, son dialogue avec des projets philosophiques voisins (notamment Thomas d'Aquin), un débat remarquable avec Heidegger après la parution de Zein und Zeit (Etre et Temps) et une réflexion sur la possibilité d'une philosophie chrétienne.

 

La traduction et la présentation détaillée de ces oeuvres par Philibert Secretan, professeur de philosophie à Fribourg, permet au public francophone de mieux connaître une pensée philosophique trop négligée jusqu'ici."

 

Textes d'Edith Stein présentés dans ce volume :

 

I/ La signification de la Phénoménologie comme conception du monde (1932) : comment la phénoménologie a-t-elle pesé sur la manière dont la modernité considère le monde ? Fécondité et limites de la phénoménologie comme "Weltanschauung".

 

II/ La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale (Die Krisis der europaïschen Wissenschaften und die transzendentale Phaënomenologie,1937) : Husserl réfléchit, vers la fin de sa vie,  sur le problème de la crise de la science et de la culture européenne. Il voit dans la phénoménologie transcendantale une réponse à la crise généralisée du sens et un remède à la barbarie qui s'annonce.

" Galilée, dans le regard qu’il dirige sur le monde à partir de la géométrie et à partir de ce qui apparaît comme sensible et  mathématisable, fait abstraction des sujets en tant que personnes, porteuses d’une vie personnelle, abstraction de ce qui appartient à l’esprit. Cet oubli du monde de la vie et des personnes, cette idée que le seul monde véritable est celui des mathématiques abstraites, cette élimination du sol d’expériences vécues, se trouve à l’origine de la crise moderne du sens et de la culture." (...)

 

" La science de la psychologie, a dès le départ, manqué son but réel. Si la psychologie a fait défaut, c’est parce que déjà dans sa fondation originelle comme psychologie nouvelle à côté de la nouvelle science de la nature, elle omit de questionner le seul sens authentique de sa tâche conformément à son essence en tant que science universelle de l’être psychique." (...)

 

" Il est absurde de considérer la nature comme étrangère en elle-même à l'esprit et ensuite d'édifier les sciences de l'esprit sur le fondement des sciences de la nature, avec la prétention d'en faire des sciences exactes."

 

Selon E. Stein, cette critique de la conception moderne de la nature et la démonstration de ce qu'elle n'est pas tenable, mérite la plus grande attention, même de la part de ceux qui pensent devoir chercher dans une toute autre direction la raison de la crise (Die Krisis) et les voies pour en sortir.

 

Cependant, ajoute-t-elle, les errances de la philosophie moderne ne résultent-ils pas d'une rupture d'avec l'attitude spirituelle médiévale, et  la conception moderne de la nature n'est-elle pas tributaire de cette rupture ?

 

L'indication allusive de la conception de l'être par la  philosophie transcendantale radicale annoncée par Husserl exige, selon elle,  une confrontation à la doctrine de l'être de la philosophia perrenis.

 

III/ Les interventions de Juvisy (1932) : interventions d'Edith Stein dans les discussions qui suivirent le rapport du R.P. Feuling, osb, sur le mouvement phénoménologique : position historique, idées directrices, types principaux.

 

IV/ La phénoménologie de Husserl et la philosophie de saint Thomas d'Aquin (1929) : confrontation entre la pensée de l'auteur de la Somme (et notamment le De Veritate) et celle du fondateur de la phénoménologie, mettant en évidence, grâce à la médiation de Franz Brentano, les similitudes, tant au niveau de la méthodologie que des contenus (à propos des notions d'intuition et de vérité), ainsi que les divergences, à propos de l'auto-suffisance et  de la solitude de l'ego transcendantal (égoïsme et théocentrisme)

 

V/ Deux préludes à une ontologie : préface à Potenz und Akt (Puissance et Act,1931) : tentative d'accéder à la compréhension de la méthode de saint Thomas, et Préface à Endliches und ewiges Sein (Etre fini et Etre éternel, 1935) : de précieuses indications sur la pensée d'E. Stein, avant et après sa conversion (étude de saint Thomas et reprise du travail philosophique vers Platon, Augustin et Duns Scott) et sur la manière de penser la phénoménologie à la lumière de la Révélation et de la pensée chrétienne, notamment la question de la "créature", de l'analogia entis et de la finitude.

 

VI/ La philosophie existiale de Martin Heidegger  (1936) : un exposé lumineux sur Zein und Zeit (Etre et Temps), sur le "Dasein", sur les rapports entre le "Dasein", la temporalité et le "souci"... analyse critique de la conception de Dasein comme "être pour la mort" (cf. notes personnelles à la fin de cet article). Edith Stein analyse pour finir les rapports entre l'ontologie heidegerienne et l'idéalisme transcendantal de Kant à propos de la question de la finitude et de son dépassement et s'intéresse à deux ouvrages de Heidegger où la position anti-chrétienne est moins accusée que dans Sein und Zeit : De l'essence du fondement et Qu'est-ce que la métaphysique ?

 

N.B. : l'antichristianisme de Heidegger ne se manifeste jamais par des attaques frontales, comme chez Nietzsche ou Feuerbach, mais par la minimisation de l'influence du christianisme et de la pensée médiévale dans l'Histoire de la philosophie, comme s'il n'y avait rien eu entre Plotin  et Descartes. En témoignent les notes marginales dans Sein und Zeit à propos de la philosophie scolastique. L'antisémitisme de Heidegger est de même nature que son antichristianisme, mais plus radical encore, en tant que forclusion de la pensée juive et assignation de la philosophie à ses seules racines helléniques. Lorsque Thomas d'Aquin dit de Dieu qu'il est "l'acte pur d'exister" (De Ente et Essentia), il n'assimile nullement Dieu à un "étant suprême".

 

VII/ Sens d'une philosophie chrétienne (1935) : "Que l'on considère la philosophie comme une science dont les seules ressources sont l'expérience et la raison naturelle, ou qu'on lui reconnaisse le droit de puiser dans la Révélation : une chose est certaine, c'est que la philosophie des grands docteurs de l'Eglise du Moyen-âge s'est développée "à l'ombre" de la doctrine de la foi. Elle a reconnu dans la vérité révélée la mesure de toute vérité ; elle n'a pas rechigné devant l'effort pour résoudre les problèmes que lui posaient les dogmes de la foi ; elle s'appuyait sur cette foi comme sur une force qui assurait à l'intelligence humaine une plus grande sûreté, même dans son travail naturel. Sur tous ces points, la philosophie moderne a pris ses distances. Existe-t-il pour des philosophies aussi divergentes une possibilité de collaborer ?" (Edith Stein, Phénoménologie et philosophie chrétienne, sens d'une philosophie chrétienne,  p. 133)

 

L'ouvrage se termine par trois textes de Philippe Secretan, sous le titre général de : Edith Stein au carrefour de la phénoménologie et de la scolastique : I/ De Husserl à Thomas d'Aquin, la question de la vérité, II/ De Husserl à Thérèse d'Avila, la question de la personne, III/ Le recours à une scolastique non thomiste.

 

Notes personnelles :

 

1) Dans le texte intitulé La philosophie existentiale de Martin Heidegger, Edith Stein montre qu'entre "l'être pour la mort" "authentique" et le "on meurt" inauthentique, il existe une large palette de conduites qui concernent le rapport du Dasein à la mort d'autrui sans être pour autant "inauthentiques" : le fait de veiller un défunt, le fait d'assister un mourant, le fait (par exemple pour un enfant) de s'interroger sur la signification de "untel est mort", le fait de ressentir du chagrin en assistant à des funérailles, la question "Où est-il (elle) maintenant ?, le sentiment de "grandeur" de la mort, etc. (cf. p. 100 et sq.)

 

2) A propos de la question de le vérité chez Aristote et saint Thomas d'Aquin, Edith Stein qui a traduit en langage moderne le De Veritate, explique que parmi les définitions que saint Thomas donne de la vérité, la vérité comme "adequatio rei et intellectus" (jugement) n'est qu'une définition parmi d'autres. Il est fait droit, en particulier, à la définition de la vérité comme "manifestation" (Aléthéia)

 

3) Beaucoup de termes philosophiques proviennent de notions théologiques issues de la Révélation judéo-chrétienne, par exemple la distinction entre essence et existence provient de la notion de création, la distinction entre nature et personne du dogme de la sainte Trinité, la distinction entre substance et accident du dogme de la Transubstantiation et de la présence réelle dans l'Eucharistie.

 

4) "Le Sein (l'Être) "est" la dimension de la Transcendance, non la Transcendance elle-même." "Die Dimension der Transzendenz, nicht die Transzendenz selbst."... "Non pas une dimension qui serait pour la Trancendance comme l'élément où elle se déploierait : nicht die Dimension in der Gott ist, mais qui, en quelque sorte, lui est préalable... "sondern davor." (Martin Heidegger à Roger Munier, Totnauberg, 1949, in Cahier de l'Herne)...

 

A rapprocher de saint Thomas d'Aquin : "Puisque toutes les choses qui existent participent de l'existence et sont des êtres de participation, il est nécessaire qu'il y ait, au faîte de tous les êtres réels, une réalité qui soit l'exister même par essence ; cette réalité est Dieu, qui est la cause absolument suffisante, absolument requise et absolument parfaite de toute existence, et dont toutes les choses qui sont tiennent l'existence par participation." (Expl. Evang. Jean, prologue, traduction Joseph Rassam)

 

"Ainsi, Dieu seul est un être par essence parce que son essence est d'exister ; toute créature est, au contraire, un être par participation, parce qu'il n'est pas de son essence d'exister." (Som. théol., I, q. 104, a.I.)

 

"Dieu est l'acte pur d'exister." (Etr. ess. c.6)

 

On voit que pour Heidegger l'Être est une "dimension préalable" de la Transcendance, alors que pour saint Thomas, la Transcendance (Dieu) coïncide avec l'acte pur d'exister.

 

La preuve ontologique de saint Anselme, reprise par Descartes dans les Médiations métaphysiques part de la finitude (comment un être fini peut-il concevoir un être infini ?) ; Emmanuel Lévinas reprendra cette démarche dans De Dieu qui vient à l'idée : le visage d'autrui n'est pas une "preuve" de l'existence de Dieu, mais il fait venir l'idée d'un Dieu infini à l'idée d'un esprit fini. Emmanuel Kant critique la preuve ontologique d'Anselme : l'existence n'est pas un attribut. Saint Thomas ne dit pas autre chose.

 

Une réactualisation phénoménologique de la preuve ontologique : "Le moi humain est-il premier ? N'est-il pas celui qui, au lieu de se poser, se doit d'être "déposé" ? Le véritable sens de la subjectivité ne consiste-t-il pas à être, plutôt que substance, dévouement à autrui et, ainsi, assujettissement au prochain ? Est-ce que cet assujettissement  n'est pas négation de la liberté qui, semble-t-il, est la véritable définition de l'humain ? Mais on doit se demander si la possibilité pour la non-liberté que suggère l'assujettissement à autrui de ne pas être asservissement, n'est pas, précisément l'obéissance à Dieu. Si Dieu n'est pas cet autre - ou ce tiers exclu -, qui rompt avec l'alternative libre ou pas libre. Et par conséquent, si, à partir de cette mise en question de soi-même par autrui dont je viens de parler - et qui n'est pas vécue comme une oppression - ne commence pas la voie où le mot "Dieu" prend sens, où Dieu "vous vient à l'idée". Voilà le tissu d'Autrement qu'être qui m'a demandé un langage plus compliqué, philosophique, mais dont la simplicité, sous la forme que je viens d'évoquer, ne m'est visible qu'après coup." (Emmanuel Levinas, in Salomon Malka, Lire Lévinas, éditions du Cerf, 1984)

 

Lectures complémentaires : Jacques Maritain, De la philosophie chrétienne (1932) Oeuvres 1912-1939, Bibliothèque européenne, choix, présentation et notes par Henry Bars, 1975, Desclée de Brouwers. Jacques Maritain y fait une distinction essentielle entre la philosophie considérée selon sa nature (distincte de la religion et de la théologie) et selon son état (historialement transformée par la Révélation)

 

Cf. aussi Etienne Gilson, l'Esprit de la philosophie médiévale, Gifford Lectures (université d'Aberdeen), deuxième édition revue,  Librairie philosophique Vrin, 1944 : "L'esprit de la philosophie médiévale, tel qu'on l'entend ici, c'est donc l'esprit chrétien, pénétrant la tradition grecque, la travaillant du dedans et lui faisant produire une vue du monde, une Weltanschauung spécifiquement chrétienne..." (Préface)... "Pour qu'une philosophie mérite vraiment le titre de "chrétienne", il faut que le surnaturel descende, à titre d'élément constitutif, non dans sa texture, ce qui serait contradictoire, mais dans l'oeuvre de sa constitution. J'appelle donc philosophie chrétienne toute philosophie qui, bien que distinguant formellement les deux ordres, considère la révélation chrétienne comme un auxiliaire indispensable de la raison." (p. 33)

 

 

 

 

 

 

Par Robin Guilloux
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 15:40
Source : AGORAVOX
 
Ces derniers mois, l’Europe semble avoir encore plus perdu contact avec la réalité. On ne compte plus les exemples de décisions ubuesques et injustes, totalement contraires aux intérêts des peuples qui la composent, souvent prises par un dogmatisme néolibéral incompréhensible aujourd’hui.
 
Coup de tabac et de courant
 
Jusqu’à présent, il y avait des limitations pour les achats de tabac à l’étranger (deux cartouches par personne). La Commission Européenne souhaite lever toutes les restrictions à l’achat de tabac. Entre la déréglementation économique et la santé des européens, la Commission a choisi. Voilà une décision qui montre bien les ravages du dogmatisme néolibéral. Et comme d’habitude, l’abaissement des frontières va favoriser le moins-disant fiscal. Heureusement, pour une fois, Paris résiste.
 
Il fut un temps où l’on nous vantait la déréglementation des services publics en nous expliquant que cela allait permettre une plus grande efficacité, que la concurrence allait amener une baisse des tarifs pour les consommateurs. Mais là encore, les promesses ne sont pas tenues. Les tarifs d’EDF ne cessent d’augmenter (près de 7% cette année) et devraient continuer à le faire dans les prochaines années avec le nouveau projet de loi passé par le gouvernement en novembre.
 
Dur avec les petits, doux avec les forts
 
Mais ce qui est encore plus insupportable avec cette Europe, c’est qu’elle fait systématiquement peser les efforts sur les peuples, les classes populaires et moyennes en épargnant les puissants. C’est ce qui se passe en Grèce, en Irlande ou au Portugal où la population se débat avec des baisses de salaires qui ne permettent plus à certains de payer leur loyer ou leurs mensualités d’emprunts immobiliers. Bref, l’Europe saigne la population pour honorer les créanciers, et donc les banques.
 
Car les pseudos plans de sauvetage des pays ne servent qu’à cela : honorer les créances souveraines rubis sur l’ongle, quitte à faire suer eau et sang aux peuples. Pourtant, l’Allemagne proposait une solution plus juste, à savoir faire contribuer les investisseurs. Sachant que les Etats ont sauvé les banques, une telle participation aurait été normale. Enfin, on reste songeur de voir l’impôt sur les bénéfices Irlandais maintenu à 12.5%. Là encore, les multinationales ne contribueront pas à l’effort.
 
Pire, la Cour de Justice européenne a rétabli la hausse de salaires des fonctionnaires européens à 3.7% contrairement à l’avis des chefs d’Etat. Il y a un conflit d’intérêts majeur si cette décision affecte le salaire des membres de cette même Cour de Justice. Enfin, même si la méthode de la Commission est bien faite, il est scandaleux de passer outre le choix des chefs d’Etat, surtout alors que l’Europe impose des plans d’austérité sauvages aux autres fonctionnaires.
 
Le seul point positif de la situation est que les masques sont tombés. On voit bien aujourd’hui que les bénéfices promis par cette Europe ne sont pas là, au contraire. Pire, se dessine un projet européen profondément injuste, asservissant les peuples au service des multinationales.
Par Robin Guilloux
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 16:31

FLASH ! LA NOUVELLE CONFÉRENCE de François ASSELINEAU : "L'EUROPE C'EST LA PAIE" à PARIS == le 27 OCTOBRE à partir de 20H00

par François Asselineau - Union Populaire Républicaine, mardi 11 octobre 2011, 12:34

 

 

JEUDI 27 OCTOBRE à 20H00

 

à  PARIS XIe : 

 

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« L'EUROPE C'EST LA PAIE » 

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LA NOUVELLE CONFÉRENCE DE FRANÇOIS ASSELINEAU

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"L'Europe c'est la Paix" est l'un des slogans préférés des européistes. Pendant un tiers de siècle, ils ont voulu faire croire que la paix sur le continent européen n'était pas due à l'équilibre de la terreur nucléaire entre l'OTAN et le Pacte de Varsovie mais aux directives sur le beurre de cacao imposées par la Commission européenne.

 

Depuis l'effondrement du camp socialiste, ils poursuivent cette propagande en assurant toujours que l'Europe c'est la Paix alors que les troupes euro-atlantistes se livrent à des guerres néo-coloniales meurtrières en Afghanistan, en Irak ou en Libye. Au même moment, une guerre terrifiante mais entièrement nouvelle ravage les pays occidentaux : c'est la guerre du IIIe millénaire. Une guerre virtuelle dont les armes sont les manipulations financières et la désinformation, et dont les cibles sont les cerveaux et la démocratie.  

 

 

 

En réalité, le vrai motif de ralliement de la plupart des responsables européistes n'est pas la Paix mais la Paie. La construction européenne a en effet engendré l'une des plus formidables machines à ponctionner de l'argent sur les contribuables des pays d'Europe, à empêcher toute opposition à ce processus en la taxant de nationaliste et guerrière, et à dépenser ces sommes prodigieuses entre amis, dans une opacité et une faiblesse de contrôle extraordinaires.

 

Depuis le luxe de nabab dans lequel vivent les parlementaires européens jusqu'au coût complet phénoménal de la bureaucratie européenne, en passant par le racket des banques, le pillage des services publics au profit des fonds de pension, le népotisme, les fraudes en tout genre, la corruption pure et simple, et les subventions délirantes à des associations qui exploitent cyniquement ce filon, venez découvrir le grand secret qui motive tous les européistes : L'EUROPE C'EST LA PAIE.

 

FOI D'UPR, VOUS N'ALLEZ PAS ÊTRE DÉÇU(E) DU VOYAGE !

 

 

 

====================   CONDITIONS GÉNÉRALES  =================

 

Date : jeudi 27 octobre 2011 

 

Lieu : CAFÉ DE PARIS, 158 rue Oberkampf - 75011 PARIS

Salle spectacle : http://aucafedeparis.pagesperso-orange.fr/concert.html

Bar : http://aucafedeparis.pagesperso-orange.fr/salle.html

 

Accueil à partir de 20H00 

 

Début de la Conférence : 20h30 précises

 

Séance de questions-réponses à la suite

 

Droit d'entrée :

  • Normal : 6 €
  • Chômeurs / Étudiants : 2 €
  • Adhérents UPR : gratuit
  • Moins de 18 ans : gratuit

 

Possibilités de restauration sur place :

Sans réservation :

Snack : Croque monsieur/ madame / sandwichs / Hamburgers

Rafraîchissements au bar : bières (3/3.50 €), sodas et jus de fruits (3.50 €), cocktails (7.00 €)

 

Sur réservation préalable :

Dîner : entrée + plat : 16.00 €

Les spectateurs désireux de réserver une ou plusieurs places pour ce dîner doivent impérativement nous l'indiquer avant le mercredi 26 octobre midi : 

 

- soit en nous laissant un message sur http://www.u-p-r.fr/nous-contacter

 

- soit en téléphonant à Erick Mary au 06.29.46.74.64 (laisser un message sur le répondeur si nécessaire) 

 

 

Pour tout autre renseignement, merci de contacter : UPR IDF. Erick Bozz Mary 06.29.46.74.64

 

 

-------------------- C'EST MAINTENANT QU'IL FAUT ADHÉRER À L'UPR --------------------

                                          Adhésion en ligne en cliquant sur :              

                           http://www.u-p-r.fr/aider/adherer/adhesion-en-ligne 

 

-------------------------- ET VOUS ? NOUS AVEZ-VOUS REJOINTS ? --------------------------

Par Robin Guilloux
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 19:17

en-marge.jpg

 

Né le 27 avril 1949 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Didier Daenincks est un écrivain français, auteur de romans noirs, de nouvelles et d'essais.

 

La Tirelire fait partie  d'un recueil de nouvelles au titre évocateur : En marge.

 

Le récit se déroule de nos jours, à Barbès, un quartier populaire de Paris. Touché par la détresse d'un SDF affamé, un gamin lui donne sa tirelire, une boîte à cigarettes metallique contenant une cinquantaine de pièces de 5 francs datées des années 60.  En ouvrant la boîte, le SDF s'entame le pouce et son sang macule les pièces. Il s'achète une canette de bière, puis monte avec une prostituée du quartier. Au moment de payer, il sort la boîte. La femme se met à hurler en reconnaissant la tirelire de son fils et en voyant les pièces ensanglantées et égorge l'homme avec un cutter. La femme rentre chez elle et trouve son fils devant la télévision. Elle lui demande si le monsieur lui a fait mal. Il répond que non, qu'il lui a donné volontairement sa tirelire : "Tu peux pas savoir comme il avait l'air triste."

 

I/ Questions sur la nouvelle :

 

1) Où et quand se déroule l'histoire ?

 

2) Quels sont les personnages ?

 

3) L'homme a-t-il une identité précise ? Pourquoi ?

 

4) Dégagez le schéma narratif (situation initiale, élément modificateur, péripéties (6 actions), élément de résolution, situation finale).

 

5) Combien de temps l'histoire dure-t-elle ?

 

6) Etudiez la focalisation (point de vue externe, interne, omniscient)

 

7) Justifiez le titre général du recueil (En marge)

 

8) Pourquoi la tirelire du gamin est-elle décrite de façon aussi précise ?

 

9) Cherchez dans le dictionnaire le sens du mot "quiproquo". En quoi consiste précisément ici  quiproquo ?

 

10) En quoi cette nouvelle ressemble-t-elle à une tragédie classique ? En quoi s'en éloigne-t-elle ?

 

Rappel : une tragédie met en scène des personnages nobles à l'époque antique que leur destin mène inexorablement à la mort. La tragédie se caractérise par l'unité de lieu, de temps et d'action.

 

11) En quoi ce récit est-il un récit à chute ?

 

12) Didier Daeninckx  est l'auteur de romans policiers noirs. En quoi ce récit s'apparente-t-il au polar ? 

 

 

II/ Eléments de réponse :

 

Quiproquo : du latin "quid pro quo", une chose pour une autre, Méprise, erreur qui fait prendre une chose, une personne pour une autre.

 

Le quiproquo est un procédé (comique ou tragique) très souvent utilisé au théâtre, notamment dans les comédies et il est lié à la double énonciation (le spectateur en sait plus que les personnages) et parfois aussi dans la tragédie (Oedipe de Sophocle, Phèdre de Racine). Dans Phèdre, Thésée croit que son fils Hippolyte a tenté de séduire Phèdre, son épouse et la belle-mère d'Hippolyte car il a laissé son glaive entre ses mains. 

 

Dans cette nouvelle, le quiproquo réside dans le fait que la mère de l'enfant pense, en voyant la tirelire ensanglantée de son fils que le SDF a tué ou blessé son enfant pour la lui voler. Il s'agit d'un quiproquo tragique à cause de ses conséquences (la mère tue le SDF).

 

Le récit a des points commun avec la tragédie antique : il respecte la règle des trois unités, mentionnée par le philosophe grec Aristote dans La Rhétorique ; l'histoire se passe dans le même quartier (unité de lieu), en un seul jour (unité de temps) et il n'y a qu'une seule intrigue (unité d'action).

  

Cependant, il ne se déroule pas dans l'antiquité grecque ou romaine, mais en plein Paris, de nos jours et ne met pas en scène des personnages nobles (des rois, des demi-dieux...), mais un SDF et une prostituée, à l'époque moderne, dans un milieu marginal et populaire décrit de manière réaliste. Il démontre ainsi que la tragédie ne relève pas forcément de la mythologie et du sacré, mais peut surgir à tous les coins de rue et que le "Destin" (Anankè, Fatum), peut s'incarner dans la réalité la plus triviale : la faim, la soif, le désir sexuel, le sentiment de solitude...

 

Ce récit s'apparente au "polar" (ou "roman noir") ; contrairement aux nouvelles ou aux romans policiers traditionnels (Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, John Dickson Car...), il n'y a pas d'énigme : on sait qui a commis le crime et le suspens ne réside pas dans la manière dont le détective résoud le mystère, mais dans l'action elle-même. Par ailleurs, la dimension sociale et le "climat" sont très importants : la majeure partie de la nouvelle constitue une description d'un quartier populaire de Paris et une évocation des états d'âme d'un SDF.

 

 

 

III/ Expression écrite :

 

 

Sujet : Imaginez une suite à ce texte.

 

Consignes :

 

- Imaginez un dialogue entre la mère et son fils

 

- Alternez dialogue et récit

 

- Respecter le point de vue narratif

 

- Respecter le genre du texte

 

- Respecter le système des temps

 

- Respecter les registres de langue (familier/courant)

 

- Tenir compte des éléments de l'histoire (lieu et époque)

 

- Rédigez la suite de l'histoire en reprenant les éléments de la narration et les éléments de l'histoire et en ajoutant des péripéties, de façon à aboutir à une situation finale plausible et cohérente par rapport au texte proposé. La première phrase de votre devoir devra obligatoirement reprendre la dernière phrase du texte proposé.

 

 

 

 

 

Par Robin Guilloux
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