S. Freud, Malaise dans la civilisation

Publié le par Robin Guilloux

Sigmund Freud, Malaise dans la Civilisation (Das Unbehagen in Der Kultur, Vienne, 1929), Presses universitaires de France, bibliothèque de psychanalyse, traduit de l'allemand par Ch. et J. Odier.

Autres éditions :

Sigmund Freud, Le malaise dans la civilisation, traduction par Bernard Lortholary, présentation par Clotide Leguil, Points/Essais.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, traduction inédite, Petite bibliothèque Payot.

Sigmund Freud, Le malaise dans la Culture, présentation par Pierre Pellegrin, Traduction par Dorian Astor, Garnier-Flammarion.

Intitulé Malaise dans la civilisation lors de sa première traduction française en 1934, cet ouvrage fut longtemps considéré comme appartenant à cette catégorie des œuvres freudiennes que l'on qualifiait d'anthropologiques non sans quelque mépris. Jacques Lacan, dans une perspective théorique, Peter Gay, sous un angle historique et biographique, ont contribué à redonner sa place essentielle à ce livre, celle d'une réflexion sur le tragique de la condition humaine, inséparable de ces autres travaux freudiens que sont L'Avenir d'une illusion (1927), Pourquoi la guerre ? (1933), Psychologie des masses et analyse du moi (1921) mais aussi Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort (1915). 

Aujourd'hui, répondant aux attentes d'un déchiffrage des ressorts cachés de l'actualité politique, les psychanalystes, mais aussi les philosophes se référent fréquemment au Malaise dans la culture pour en souligner la pertinence maintenue." (source : encyclopedia universalis)

Résumé de l'ouvrage :

À la suite de la première Guerre mondiale, qui avait entraîné Freud vers la mise en évidence, en 1920, de la pulsion de mort dans Au-delà du principe de plaisir, il élargit la perspective au-delà de l'inconscient au sens strict pour s'attacher à mettre en évidence un mécanisme semblable, à l’œuvre au niveau de la culture, entendu au sens de civilisation, comme tout ce qui régit et nourrit la vie en commun de l'humanité. Il s'agit d'un des rares ouvrages où Freud utilise sa métapsychologie en dehors du seul champ psychanalytique, pour l'inscrire dans une perspective sociale, en se posant la question de savoir si la civilisation tend vers un progrès à même de surmonter les pulsions destructrices qui l'animent.

Freud y affirme notamment que :

  • la culture est édifiée sur du renoncement pulsionnel, car la vie en commun suppose une restriction de la liberté individuelle ou le conformisme.
  • le respect des exigences sociales est assuré par le père puis par le "surmoi" (père intériorisé, faculté à s'autocontraindre, conscience morale) ; la tension entre le "çà" (principe de plaisir) et le "moi" (principe de réalité), entre l'égoïsme (amour de soi) et l'altruisme (amour d'autrui), est source du sentiment de culpabilité et de la conscience morale ;
  • ces exigences sociales se manifestent dans la morale et dans la religion y compris dans la beauté, la propreté et l'ordre : ces discours tentent de légitimer et d'assurer le renoncement au plaisir égoïste.
  • la civilisation a toujours été animée par un « combat entre la pulsion de vie et celle de mort, et nul "ne peut présumer du succès et de l'issue" de ce combat. Ainsi, rien ne garantit selon Freud que les civilisations, même celles qui sont considérées comme les plus modernes, ne finissent par s’autodétruire. (source : encyclopédie en ligne wikipedia)

Citation :

"La question du sort de l'espèce humaine me semble se poser ainsi : le progrès de la civilisation saura-t-il, et dans quelle mesure, dominer les perturbations apportées à la vie en commun par les pulsions humaines d'agression et d'autodestruction ? A ce point de vue, l'époque actuelle mérite peut-être une attention particulière. Les hommes d'aujourd'hui ont poussé si loin la maîtrise des forces de la nature qu''avec leur aide il leur est devenu facile de s'exterminer mutuellement jusqu'au dernier. Ils le savent bien, et c'est ce qui explique une bonne part de leur agitation présente, de leur malheur et de leur angoisse. Et maintenant, il y a lieu d'attendre que l'autre des deux "puissances célestes" (l'une étant Thanatos, l'instinct de mort), l'Eros éternel, tente un effort afin de s'affirmer dans la lutte qu'il mène contre son adversaire non moins immortel." (conclusion du livre, p. 107)

Sigmund Freud Et Romain Rolland - Correspondance 1923-1936, De La Sensation Océanique Au

Notes de lecture  (chapitres I et II) :

Entre 1923 et 1936, Romain Rolland et Sigmund Freud échangèrent une abondante correspondance, tout au long de laquelle le fondateur de la psychanalyse fait de l'auteur de Jean-Christophe un témoin et un confident privilégié.

Au début de Malaise dans la Civilisation , il se propose de répondre à une remarque de Romain Rolland sur l'origine du sentiment religieux.

Particulièrement intéressé par la mystique indienne, Romain Rolland pense que la source du sentiment religieux réside dans un sentiment d'union indissoluble avec le grand Tout et d'appartenance à l'universel, le "sentiment océanique".

Freud réfute cette explication. Le "sentiment océanique" n'est pas la source du sentiment religieux, mais l'un de ses effets.

Selon Freud, l'origine du sentiment religieux réside dans les expériences de la petite enfance. Au départ, le nourrisson ne distingue pas entre son "moi" et le monde extérieur. Deux facteurs vont contribuer à opérer cette distinction : l'apparition et la disparition du sein maternel et les sensations de douleur et de souffrance que le "principe de plaisir" exige que l'on supprime ou que l'on évite.

La tendance se développe à isoler du Moi, à expulser au-dehors tout ce qui peut devenir source de déplaisir, à former ainsi, explique Freud un "moi purement hédonique" (Lust-ich), auquel s'oppose un monde extérieur, un "dehors" étranger et menaçant. le petit enfant apprend à distinguer peu à peu l'interne se rapportant au moi, de l'externe, provenant du monde extérieur.

Notre sentiment actuel du Moi est un "résidu rétréci" d'un sentiment d'une étendue bien plus vaste qui correspondait à une union plus intime du Moi avec son milieu.

Freud explique que ce sentiment de la prime enfance persiste chez l'adulte  en raison de la nature du psychisme humain, constitué de "strates mnésiques" superposées qui subsistent, un peu à la manière des vestiges archéologiques (Freud donne l'exemple de la ville de Rome) ou des survivances d'espèces animales disparues.

Il faut rattacher les besoins religieux à l'état infantile de dépendance absolue et à la nostalgie du père que suscite cet état de dépendance, entretenu dans la vie adulte par l'angoisse ressentie par l'homme face au destin.

Telle qu'elle nous est imposée, notre vie est trop lourde, elle nous inflige trop de peines, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter nous avons besoin de sédatifs.

Ils sont de trois espèces :

a) les fortes diversions qui nous permettent de considérer notre misère comme peu de chose.

b) les satisfaction substitutives qui l'amoindrissent

c) les stupéfiants

La question du but de la vie humaine a été posée d'innombrables fois ; elle n'a jamais reçu de réponse satisfaisante. L'idée d'assigner un but à la vie n'existe qu'en fonction d'un système religieux. La question du but de la vie humaine doit être remplacée par une autre : que demandent les hommes à la vie ? A quoi tendent-ils ? Les hommes tendent vers le bonheur : d'un côté éviter la douleur, de l'autre rechercher de fortes jouissances. Or, ajoute Freud "toute la Création s'y oppose."

La souffrance nous menace en effet de trois côtés :

a) dans notre propre corps, destiné à la déchéance et à la dissolution, où la douleur et l'angoisse sont des "signaux d'alarme".

b) dans le monde extérieur qui dispose de forces invincibles et inexorables pour s'acharner contre nous et nous anéantir.

c) dans nos rapports avec les autres êtres humains.

Sous la pression de ces trois menaces, l'homme s'applique à réduire ses prétentions au bonheur et cherche au moins à éviter la souffrance et envisage plusieurs solutions :

  • la satisfaction illimitée des besoins
  • L'isolement volontaire
  • La science et la technique
  • La drogue, les briseurs de soucis ("Sorgenbrecher")
  • Le renoncement : abandonner toute activité quelle qu'elle soit (sacrifier sa vie)
  • maîtriser l'activité de la vie instinctive
  • La sublimation (le travail intellectuel, la création artistique, le travail en général) : il s'agit de transposer les objectifs des instincts de telle sorte que le monde extérieur ne puisse plus leur opposer de déni ou s'opposer à leur satisfaction.
  • La jouissance procurée par la contemplation des oeuvres d'art
  • L'isolement total de l'ermite
  • L'action collective
  •  L'amour, les relations affectives et sexuelles
  • Les jouissances qu'inspire la beauté (objets naturels, paysages, création artistiques). L'émotion esthétique dérive de la sphère des sensations sexuelles. Elle est un exemple typique de "tendance inhibée quant au but".
  • La religion

Freud montre les limites de chacune de ces solutions. Le programme que nous impose le principe de plaisir (être heureux) n'est pas réalisable, mais il est possible de s'en approcher. Cependant, aucune de ces voies ne permet à elle seule de réaliser tout ce que nous voulons. Tout dépend de la constitution psychique de chaque individu pris séparément, de son "économie libidinale", de son "tempérament" (narcissique, actif, érotique)

La sagesse recommande de ne pas attendre toute satisfaction d'un penchant unique. Le succès dépend d'un grand nombre de facteurs, mais celui dont il dépend le plus est la faculté dont jouit notre constitution psychique d'adapter ses fonctions au milieu et de les utiliser aux fins du plaisir.

Si l'homme voit ses efforts vers le bonheur frustrés, il fuira dans la maladie nerveuse, la drogue ou la psychose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S. Freud, Malaise dans la civilisation

La politique d'Israël ne peut mener qu'à la catastrophe

Publié le par Robin Guilloux

Près de 100 Palestiniens ont perdu la vie, ce dimanche, sur la bande de Gaza. (Mahmud Hams - AFP)

Spinoza disait que le racisme consiste à "généraliser". La plupart des Français juifs ne sont pas, comme Jacques Attali, favorables à un "gouvernement mondial avec Jérusalem pour capitale", la plupart des Français juifs ne font pas semblant d'oublier qu'une majorité de Français, consultés par référendum se prononcèrent contre le projet de constitution européenne, comme le fait Bernard-Henri Lévy, la plupart  des Français juifs ne sont pas des obsédés sexuels comme Dominique Strauss-Kahn, les Français juifs n'ont pas tous échangé les idéaux de leur jeunesse contre un plat de lentilles au Parlement de Bruxelles, comme Daniel Cohn-Bendit.

La plupart des Français juifs ne font pas la pluie et le beau temps dans les médias, alors qu'ils en subissent, comme les autres Français, le bourrage de crâne et la censure.

C'est ainsi qu'il est impossible, par exemple, de demander la sortie de la France de l'Union européenne et le retour au Franc sans être taxé de "lepeniste" et ceux qui ont le courage de le faire, comme François Asselineau, sont purement et simplement interdits d'antenne sur les grands médias, comme il est impossible d'exprimer la moindre critique à l'encontre de la politique de l’État d'Israël sans être traité d'antisémite, si l'on est un "goy" ou de renégat, de kapo et de traître, si l'on est juif.

Ces manipulations malhonnêtes sont le fait de gens qui ne connaissent pas la Torah, qui n'ont aucune idée de l'éthique, de la religion et de la spiritualité juives, qui vont jusqu'à instrumentaliser la Shoah pour étouffer toute velléité de critique et qui ont trahi depuis longtemps le cœur du judaïsme : la modestie, la rectitude et le service du prochain.

Ces gens utilisent le judaïsme  pour accroître leur pouvoir et leur influence. Ce sont les Pharisiens d'aujourd'hui. Ils crucifient les malheureux. Le monde les craint, mais l'Esprit les vomit. Ils seront dispersés, ils seront renversés de leur trône, ils seront renvoyés les mains vides. Ils sont la honte du judaïsme.

Beaucoup de Français juifs (y compris de nombreux Juifs pratiquants et de rabbins),  ne sont ni sionistes, ni solidaires de la politique d'apartheid pratiquée par l’État d'Israël à l'encontre des Palestiniens (l'opération "Plomb fondu" au Liban, de sinistre mémoire ou la colonisation ininterrompue des territoires qui hypothèque toute chance de paix au Moyen-Orient). Tous les Français juifs ne sont pas persuadés d'avoir le monoplole de la souffrance. Tous les Français juifs ne sont pas euro-atlantistes et aveuglément pro-américains, tous les Juifs ne sont pas des délinquants en cols blancs comme Mrs. Goldmann, Sachs ou Madoff et des adorateurs du veau d'or.

On peut avoir des origines juives, sans pour autant être riche et ne se préoccuper que d'accroître sa fortune personnelle, faire partie d'un lobby, travailler à la disparition de la France dans un Empire supra-national dirigé par l'Allemagne et les États-Unis d'Amérique, Bref, on peut être juif, pauvre et patriote.

Le CRIJF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et la prétendue "Ligue de Défense contre le Racisme et l'Antisémitisme" (LICRA)  ne représentent qu'elles-mêmes et la politique de l’État d'Israël et n'ont aucune légitimité à parler au nom de tous les Français juifs auxquels elles font un tort considérable en favorisant le racisme anti-juif. Les Juifs (parmi lesquels des descendants de déportés) ne supportent plus l'instrumentalisation indécente qui est faite de la Shoah.

Juifs d'Israël et d'ailleurs, réfléchissons, je vous en supplie, avant qu'il ne soit trop tard,  à la manière dont nous élevons nos enfants, à l'endoctrinement que nous leur imposons, sous prétexte que "les autres" font pareil, à l'état d'esprit obsidional dans lequel nous vivons, à la culture de la haine que nous entretenons, à l'image que nous donnons du judaïsme et du Peuple juif, comme d'un "peuple à la nuque raide, dominateur et sûr de lui".  

Nous avons le droit d'exister et de nous défendre, mais l'idée obsessionnelle que nous sommes entourés d'ennemis et que nous devons rendre coup pour coup ne peut mener qu'à la catastrophe.

 

 

Gaston Berger, Traité pratique d'analyse du caractère

Publié le par Robin Guilloux

Gaston Berger, membre de l'institut, Traité pratique d'analyse du caractère, Presses universitaires de France, 1979 (première édition : 1950), avant-propos de René Le Senne

Gaston Berger (1896-1960)

Né le 18 octobre 1896 à Saint-Louis du Sénégal, décédé le 13 novembre 1960 à Longjumeau, Gaston Berger est un industriel, philosophe, et haut fonctionnaire français, connu principalement pour ses études sur Husserl et pour ses travaux sur la caractérologie. Il est le père du chorégraphe Maurice Béjart.

Êtes-vous un "passionné" comme Napoléon, un colérique comme Victor Hugo, un sentimental comme Jean-Jacques Rousseau, un nerveux comme Baudelaire, un flegmatique comme Emmanuel Kant, un sanguin comme Talleyrand, un apathique comme Louis XVI ou un amorphe comme La Fontaine ? Ce livre vous permettra de mieux vous connaître (et de mieux connaître les autres et donc de mieux gérer vos relations avec eux).

"La caractérologie mérite vraiment d'être tenue pour une science. Elle nous met en présence d'un immense domaine à reconnaître, dont les psychologues et aussi les romanciers, les hommes d'action, les auteurs dramatiques, les moralistes ont aperçu quelques aspects, mais dont l'exploration méthodique est récente. Toutes les découvertes ne sont pas faites. D'autre part, loin d'apparaître comme une application de la psychologie générale ou simplement une de ses parties, la caractérologie se présente comme une discipline originale. Elle propose une manière nouvelle de reprendre la psychologie tout entière, à partir de la réalité concrète des individus et non en étudiant quelques grandes fonctions que l'on suppose identiques ou du moins analogues chez tous les hommes."

(Gaston Berger, Traité pratique d'analyse du caractère, p. 20)

Caractère : "Il est, comme le dit M. Lalande dans le Vocabulaire de la Philosophie, l'ensemble des manières habituelles de sentir et de réagir qui distinguent un individu d'un autre (VII, T. I, p. 95), habituelle, ne signifiant pas qu'elles sont dues à l'habitude, mais qu'elles ont une fixité relative. Ainsi entendu, on ne saurait nier que chacun ait un caractère, même les inconsistants dont le changement d'humeur est précisément la loi." (G. Berger, Traité pratique d'analyse du caractère, p. 35)

Selon Gaston Berger, notre personnalité est gouvernée par trois grands facteurs : l'émotivité, l'activité et la secondarité et le "caractère" est une manière particulière d'aborder les conflits avec le monde et avec les autres.

1) l'émotivité : "nous appelons émotif celui qui est troublé quand la plupart des hommes ne le sont point ou qui, dans des circonstances données, est plus violemment ému que la moyenne. Le non-émotif est au contraire, celui qui est difficile à émouvoir et dont les émotions sont peu violentes."

2) l'activité : "ce que signifie cette notion, en caractérologie, n'est pas le comportement de celui qui agit beaucoup, mais la disposition de celui qui agit facilement. L'actif agit de lui-même, l'impulsion semblant venir de lui et les choses n'étant que des occasions. L'inactif, au contraire, agit contre son gré, à son corps défendant, avec peine, souvent en grommelant ou en se plaignant."

3) la secondarité : cette notion se rattache à celle de "retentissement", analysée par le psychologue allemand Otto Gross. Toutes les impressions que nous subissons, ou plus généralement toutes nos représentations, exercent sur nous, pendant qu'elles sont présentes, une action immédiate que nous pouvons appeler leur "fonction primaire". Mais, lorsqu'elles ont disparu du champ de la conscience claire, elles continuent à "retentir" en nous-mêmes et à influencer notre manière d'agir et de penser. C'est cette action prolongée qui est leur "fonction secondaire". Par extension, on appelera "primaires" les individus chez lesquels les impressions agissent surtout par leur fonction primaire, "secondaires" ceux chez qui les impressions ont un fort retentissement et exercent par conséquent une "fonction secondaire" importante.

Ces trois facteurs se combinent pour produire huit grands types de caractères :

Les passionnés (émotifs, actifs, secondaires) : Napoléon, Pascal, Racine, Corneille, Flaubert, Michel-Ange, Pasteur

Les colériques (émotifs, actifs, primaires) : V. Hugo, Mirabeau, G. Sand, Gambetta, Péguy

Les sentimentaux (émotifs, non actifs, secondaires) : Vigny, Amiel, Biran, Rousseau, Kierkegaard, Robespierre

Les nerveux (émotifs, non actifs, primaires) : Baudelaire, Musset, Poe, Verlaine, Heine, Chopin, Stendhal

Les flegmatiques (non émotifs, actifs, secondaires) : Kant, Washington, Joffre, Franklin, Turgot, Bergson

Les sanguins (non émotifs, actifs, primaires) : Montesquieu, Talleyrand, Mazarin, Anatole France

Les apathiques (non émotifs, non actifs, secondaires) : Louis XVI

Les amorphes (non émotifs, non actifs, primaires) : La Fontaine

S'appuyant sur les travaux de René Le Senne et les enquêtes statistiques d'Heymans et Wiersma, Gaston Berger analyse chacun de ces huit types de caractère et leur attitude dans la vie.

G. Berger explique qu'Il ne faut pas prendre les mots "colérique", "nerveux", "apathique", "amorphe" au sens courant ou leur attacher une signification péjorative.

Le livre comporte un test sous forme de questionnaire, page 149, portant sur les trois principaux facteurs qui composent le caractère : l'émotivité, l'activité, la secondarité et sur six facteurs complémentaires : la largeur du champ de conscience, la polarité (Mars/Vénus), l'avidité, les intérêts sensoriels, la tendresse et la passion intellectuelle.

Les facteurs de tendance  (aucune de ces tendances ne se trouve "à l'état pur" chez le même individu) :

La polarité Mars/Vénus : La première liée à une attitude de conquête au sens de l'agression, la seconde une attitude de conquête au sens de la séduction.

La largeur de champ de conscience est la précision sur les détails (champ de conscience étroit) ou au contraire le besoin d'appréhender un domaine de façon plus vaste quitte à en avoir une vision moins exacte, mais plus générale (champ de conscience large) : esprit de finesse et esprit de géométrie mentionnés par Pascal, ainsi que l'opposition entre le chercheur de pointe et le vulgarisateur.

L'avidité : "Dans son principe, ce que nous appelons avidité est la faim, le besoin de faire entrer en soi le monde extérieur et de le transformer en sa propre substance."

Les intérêts sensoriels : "La sensation, quand elle est vraiment maîtresse et qu'elle envahit tout, est un ravissement. Elle est sortie de soi, "ec-stase". Elle nous offre un monde qui se suffit. L'un de ceux qui en ont le mieux célébré les attraits, André Gide, excelle à saisir à l'état pur le jeu des couleurs, des formes, des mouvements..." (p. 106)

La tendresse : "Comme l'amour, l'amitié, telle que la conçoivent les âmes tendres, n'est ni un échange de services, ni la simple occasion d'un divertissement intellectuel, mais l'union de deux âmes, le don de soi à l'autre, l'émotion commune de deux sensibilités."

La passion intellectuelle : "Comme étrangère à la vie, éloignée des pulsions biologiques fondamentales, elle est le désir de savoir et surtout de comprendre, en dehors de toute utilité pratique et de tout souci d'application."

Le chapitre VIII ("Illustration et interprétation du questionnaire") permet de mieux comprendre le sens des facteurs et de faciliter la conduite de l'analyse. Chaque question y est illustrée de nombreux exemples qui permettent de la replacer dans le cadre de la vie concrète.

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"La vie de Nietzsche est un exemple excellent du conflit entre la tendresse et l'avidité. S'il a si bien su décrire la volonté de puissance, c'est qu'il en connaissait par expérience personnelle l'appel impérieux. Mais l'obstacle qu'il rencontrait ne résidait pas dans la résistance des choses et des êtres, mais dans la tendresse de son propre coeur. En luttant contre la pitié, c'était contre lui qu'il luttait. Il s'oppose avec violence au christianisme, parce que cette religion porte la pitié (la com-passion) à l'absolu.; mais en même temps, il s'identifie dans ses hallucinations à Jésus, le crucifié. Zaratoustra était déjà le sage à la fois le plus dur et le plus tendre. Dans cette âme à la fois exigeante, sensible et lucide, le drame est sans issue. On sait qu'il s'est achevé par l'éclatement de sa personnalité : une ultime crise le jette, lui qui se voulait impitoyable, au cou d'un cheval que maltraitait son conducteur." (Gaston Berger, Traité pratique d'analyse du caractère, p. 100)

Michel Foucault, Naissance de la clinique

Publié le par Robin Guilloux

Michel Foucault, Naissance de la clinique, une archéologie du regard médical, Presses universitaires de France, collection "Galien", Histoire et Philosophie de la biologie et de la médecine, dirigée par Georges Canguilhem, 1963.

 

"Dans Naissance de la clinique, Michel Foucault fait le projet de déterminer comment un nouveau type de regard sur l'homme a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle. Son objet est la clinique, c'est-à-dire la médecine moderne, mais la mutation qui a lieu au sein de cette discipline est révélatrice du bouleversement du champ de la connaissance qui s'amorce alors. Il s'attache donc à mettre en évidence « les conditions de possibilité de l'expérience médicale telle que l'époque moderne l'a connue », procède à une fouille méthodique dans cette entreprise qui se veut « archéologique ». L'étude patiente des évolutions que connaît la médecine va lui permettre de mettre en évidence les changements que connaissent les structures de perception du réel et de l'homme à la fin du XVIIIe et au début du XIXe." (source : philosophie des sciences, memento)

 

"Jusqu'à présent, l'histoire des idées ne connaissait guère que deux méthodes. L'une, esthétique, était celle de l'analogie - d'une analogie dont on suivait les voies de diffusion dans le temps (genèse, filiations, parentés, influences), ou à la surface d'une plage historique (l'esprit d'une époque, sa Weltanschuung, ses catégories fondamentales, l'organisation de son monde socioculturel). L'autre, psychologique, était celle de la dénégation des contenus (tel siècle ne fut pas aussi rationaliste, ou irrationaliste qu'il le disait et qu'on l'a cru), par quoi s'inaugure et se développe une sorte d "psychanalyse" des pensées dont le terme est de plein droit réversible - le noyau du noyau étant toujours son contraire.

On voudrait essayer ici l'analyse d'un type de discours - celui de l'expérience médicale - à une époque où, avant les grandes découvertes du XIXème siècle, il a été modifié moins ses matériaux que sa forme systématique. La clinique c'est à la fois une nouvelle découpe des choses, et le principe de leur articulation dans un langage où nous avons coutume de reconnaître le langage d'une "science positive" (...)

La recherche ici entreprise implique (donc) le projet délibéré d'être à la fois historique et critique, dans la mesure où il s'agit, hors de toute intention prescriptive, de déterminer les conditions de possibilité de l'expérience médicale telle que l'époque moderne l'a connue.

Une fois pour toutes, ce livre n'est pas écrit pour une médecine contre une autre, ou contre la médecine pour une absence de médecine. Ici, comme ailleurs il s'agit d'une étude qui essaie de dégager dans l'épaisseur du discours les conditions de son histoire.

Ce qui compte dans les choses dites par les hommes, ce n'est pas tellement ce qu'ils auraient pensé en deçà ou au-delà d'elles, mais ce qui d'entrée de jeu les sytématise, les rendant pour le reste du temps, indéfiniment accessibles à de nouveaux discours et ouvertes à la tâche de les transfomer."

(Michel Foucault, Naissance de la clinique, Préface, p. XIII-XIV)

 

S.C. Kleene, Logique mathématique

Publié le par Robin Guilloux

Stephen C. Kleene, professor of Mathematics, the University of Wisconsin, Madison, Logique mathématique, traduction de Jean Largeault, assistant à l'université de Paris IV, Librairie Armand Colin, 1971. Cet ouvrage a été publié en 1967 sous le titre Mathematical Logic par John Wiley and Sons, New York.

 

Quel ouvrage me conseilleriez-vous pour débuter la Logique ? Réponse : Logique mathématique de S.C. Kleene, sans aucune hésitation !

"Un manuel de logique écrit à l'intention des étudiants par un logicien de réputation internationale.

Ce livre, sans équivalent, même dans sa langue originale, est le fruit à la fois d'une longue expérience pédagogique et d'une connaissance de première main des sujets qui y sont exposés.

L'auteur réussit à donner à sa pensée une expression accessible et rigoureuse, jouant de toutes les ressources d'une pédagogie très au point : démonstrations informelles, résultats généraux prouvés sur un cas typique traité in extenso, exemples développés jusqu'à l'extrême détail, exercices placés à la fin de chaque section, grâce auxquels le lecteur peut reconstituer les concepts abstraits et s'assurer qu'il sait les mettre en oeuvre.

Les notes placées en bas de page, renvoyant les unes aux autres et à des parties antérieures de l'ouvrage, contribuent à resserrer la cohérence et à guider le lecteur. Elles contiennent en outre une profuson de remarques et d'informatios historiques, critiques, bibliographiques d'un intérêt considérable.

Ensemble d'une rare richesse intellectuelle et instrument de travail exceptionnel, ce manuel devrait rendre les plus grands services à l'enseignement de la logique dans les universités."

Description de cette image, également commentée ci-après

Stephen Cole Kleene (1909-1994)

Mathématicien américain né à Hartford (Connecticut). Diplômé de l'Amherst College, Stephen C. Kleene entre, en 1930, à l'université de Princeton. Il est docteur de la même université en 1934. Dès cette époque, il partage son temps entre l'enseignement (université du Wisconsin) et la recherche. Il est successivement membre du Conseil national de la recherche scientifique (1957), puis président de la section de mathématiques de l'Académie nationale des sciences. De 1956 à 1958, il est président de l'Association de logique symbolique.

Les travaux de Kleene se rapportent à la logique formelle et à la logique mathématique. Essentiellement « formaliste », il s'intéresse tout particulièrement à la théorie des fonctions récursives et rejoint dans ses recherches les résultats déjà établis par K. Gödel, A. M. Turing, A. Church ; il définit avec ce dernier les fonctions lambda-définissables (1932-1935). En 1936, il montre, avec Church, que les notions de fonction lambda-définissable et de fonction récursive générale sont identiques ; ces notions permettent de préciser le concept d'algorithme et débouchent sur la description et l'étude des langages des calculateurs. À partir de 1934, Kleene publie de nombreux ouvrages et articles à caractère pédagogique et théorique. On peut citer : Introduction aux métamathématiques (Introduction to Metamathematics, 1952) ; « Representation of Events in Nerve Nets, and Finite Automata » (1956), étude consacrée à un modèle de neurones. Il définit à cette occasion une classe de langages formels, dits « langages réguliers » ou « langages de Kleene », à laquelle est associée la classe des automates finis ; il montre en particulier que tout K-langage (langage de Kleene) peut être obtenu par une composition de langages finis. En 1965, il publie, en collaboration avec R. E. Vesley, The Foundations of Intuitionistic Mathematics, Especially in Relation to Recursive Functions. En 1967, enfin, paraît Logique mathématique (Mathematical Logic), ouvrage pédagogique traduit en français en 1971.

Pierre GOUJON (Encyclopedia universalis)

L'avenir de Europe, selon Paul Valéry

Publié le par Robin Guilloux

"L'Europe aspire visiblement à être gouvernée par une commission américaine. Toute sa politique s'y dirige."

(Paul Valéry, Regards sur le monde actuel. Notes sur la grandeur et la décadence de l'Europe)

Henri Michaux, Ailleurs

Publié le par Robin Guilloux

Ailleurs est un recueil poétique d'Henri Michaux, publié en 1948. Il réunit trois recueils déjà publiés précédemment :

  • Voyage en Grande Garabagne (1936) ;
  • Au pays de la Magie (1941) ;
  • Ici, Poddema (1946).

Henri Michaux (Namur, 24 mai 1899 - Paris, 19 octobre 1984) est un écrivain, poète et peintre d'origine belge d'expression française naturalisé français en 1955.

"L'auteur a vécu très souvent ailleurs : deux ans en Garabagne, à peu près autant au pays de la Magie, un peu moins à Poddema. Ou beaucoup plus. Les dates précises manquent.

Ces pays ne lui ont pas toujours plu excessivement. Par endroits, il a failli s'y apprivoiser. Pas vraiment. Les pays, on se saurait assez s'en méfier. Il est revenu chez lui après chaque voyage. Il n'a pas une résistance indéfinie.

Certains lecteurs ont trouvé ces pays un peu étranges. Cela ne durera pas. Cette impression passe déjà. Il traduit aussi le Monde, celui qui voulait s'en échapper. Qui pourrait échapper ? Le vase est clos. Ces pays, on le constatera, sont en somme parfaitement naturels. On les retrouvera partout bientôt... Naturels comme les plantes, les insectes, naturels comme la faim, l'habitude, l'âge, l'usage, les usages, la présence de l'inconnu tout près du connu.

Derrière ce qui est, ce qui a failli être, ce qui tendait à être, menaçait d'être, et qui entre des millions de "possibles" commençait à être, mais n'a pu parfaire son installation..."

Dans la Pénincule Assouline

En Grande Garabagne et surtout dans la Péninsule assouline, les rapports entre hommes et femmes diffèrent à l'infini, d'un endroit à l'autre. Et c'est fait exprès, car rien, disent-ils, n'est absorbant comme ces choses, jusqu'à couvrir l'existence entière, une fois qu'elles ne sont pas réussies, alors que, simples, elles doivent glisser dans l'ensemble de la vie. Et ce qui convient à l'un ne convient pas à l'autre.

L'homme non satisfait s'en va dans un village voisin (il y a des usages et des moeurs différents à moins d'une demi-journée de distance).

Dans la région d'Umbal, ils n'ont besoin que de tendresse. On y voit, dès l'âge de six ou sept ans, un garçonnet se vouer à une petite fille, rechercher partout sa compagnie, lui tenir le langage de la douceur, et jamais il ne se touchent, sauf aux doigts. Leurs yeux sont baignés de lumière.

Mariée, la jeune femme reste longtemps encore dans sa famille, et si elle s'installe chez son mari, c'est plutôt pour y avoir son "chez soi" où jamais il ne vient qu'en invité, tenu comme n'importe qui à la civilité et à la discrétion.

Elle ne se rend vraiment chez lui qu'une fois l'an. Alors il lui fait un enfant, agréablement du reste et sans honte. Elle se retire ensuite vivement chez elle où elle ne consent à le voir de la semaine.

On ne rencontre pas chez eux de ces gougeats qui voudraient posséder leur femme tous les soirs. Ils ne seraient pas tolérés. On les bannirait aussitôt. Mais ils peuvent aller librement en Immérie.

En Immérie, le culte du sexe de la femme existe, sans aucun souci de sa personnalité ou de son caractère. Et jamais ils ne passent de l'un à l'autre.

Les gens y sont très mous et leur volupté, sinon leur jouissance, est prolongée, mais pas tellement intense. Pays marécageux, climat chaud qui exténue.

Ils préfèrent à tout les orgies en foule dans l'obscurité profonde. Un homme y est sacrifié, parfois plusieurs. Au moment même de la jouissance amoureuse, il est étranglé par sa compagne et par ses amis. Il sombre dans la mort et dans la volupté presque au même instant."

 

Quine, Logique élémentaire

Publié le par Robin Guilloux

Willard Van Orman Quine, professeur à l'Université de Harvard, Logique élémentaire, traduit par Jean Largeault, docteur ès Lettres, assistant à Paris IV et  Bertrand Saint-Sernin, docteur ès Lettres, Maître-assistant à Paris I, Librairie Vrin (bibliothèque des textes philosophiques) et chez Armand Colin, Paris 1972.

Cet ouvrage a été  édité en 1941 et réédité en 1965 sous le titre Elementary Logic par Harper&Row, New York et en 1966 par Harvard University Press, Cambridge, Mass.

"Une introduction à la logique et une introduction à la pensée de Quine. L'auteur a voulu condenser sous un format réduit la substance de la logique traditionnelle en la traitant par les moyens de la logique moderne.

Il explique les concepts formels fondamentaux, traite de la paraphrase des mots en symboles, fournit une méthode pour décider la validité en logique des fonctions de vérité et donne, en logique de la quantification, une procédure de démonstratioin jouissant de la propriété de complétude.

Chacun des paragraphes est accompagné d'exercices dont la solution est proposée en appendice.

Ce livre s'adresse aux étudiants en philosophie qui abordent l'étude de la logique ou aux étudiants d'autres disciplines (sciences humaines et mathématiques) qui veulent s'initier à ce nouveau langage de la pensée."

Willard Van Orman Quine (25 juin 1908 à Akron, Ohio - 25 décembre 2000 à Boston, Massachusetts) est un philosophe et logicien américain, l'un des principaux représentants de la philosophie analytique.

Il est notamment l’auteur de Les deux dogmes de l'empirisme, article célèbre de 1951 qui critique la distinction entre propositions analytiques et propositions synthétiques et de Le mot et la chose en 1960 où il propose sa thèse de l'indétermination de la traduction radicale et une critique du concept de « signification ».

Selon Diego Marconi, "la pensée de Quine a été un des facteurs qui ont déterminé l’évolution du courant principal de la philosophie anglo-saxonne depuis le néo-positivisme jusqu’à l’ample et variée koiné, désignée sous le nom de “philosophie analytique."

En logique mathématique il est principalement connu pour avoir produit une théorie des ensembles alternative appelée New Foundation.

"Les propositions sont des énoncés, mais les énoncés ne sont pas tous des propositions. Les propositions ne comprennent que les énoncés qui sont vrais et ceux qui sont faux. Ces deux propriétés des propositions, la vérité et la fausseté, sont appelés valeurs de vérité ; ainsi on dit que la valeur de vérité d'une proposition est la vérité ou la fausseté, suivant que cette proposition est vraie ou fausse.

Les énoncés : "Quelle heure est-il ?, "Fermez la porte", "Ah ! Que n'ai-je donc encore vingt ans !", etc. n'étant ni vrais ni faux, ne comptent pas pour des propositions. Seuls les énoncés déclaratifs sont des propositions. Mais un examen plus approfondi révèle qu'il s'en faut que tous les énoncés déclaratifs soient des propositions. L'énoncé déclaratif "Je suis malade" n'est, en lui-même, ni vrai ni faux, car il peut simultanément être vrai quand il est dit par une personne et faux quand il est dit par une autre. De même l'énoncé : "Il est malade n'est en lui-même ni vrai ni faux, car ce que désigne "il" varie selon le contexte ; dans un certain contexte, "Il est malade" peut avoir des titres à être tenu pour vrai, et dans un autre, à être tenu pour faux..."

 

Tables des matières :

Note liminaire

Préface à l'édition revue

Préface à l'édition de 1941

Introduction

Chapitre 1

La composition des propositions

Chapitre 2

Les transformations des fonctions de vérité

Chapitre 3

La quantification

Chapitre 4.

L'inférence en théorie de la quantification

Appendice :

Réponse aux exercices

Index

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